Mandat d'arrêt international contre le "caïd"

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Encore un article en provenance de la Côte d'Ivoire car nous nous sommes aperçus que nous apprenons davantage de choses avec les médias d'ailleurs. Dans son pays d'origine, Youssef Fofana est surnommé le "caïd" et ses surnoms en France sont "Django" ou "Mohammed"... par ailleurs, en dessous, vous trouverez les réponses laconiques du Quai d'Orsay... comme d'habitude, ils ne savent rien. Qu'ils disent.

La justice française lance un mandat d’arrêt international - Un Ivoirien recherché pour crime raciste en France

Le chef présumé du "gang des barbares" se serait réfugié à Abidjan. Lundi, sept personnes ont été mises en examen pour homicide avec motivation raciste.

YOUSSOUF FOFANA, le «cerveau du gang des barbares» de Bagneux (Hauts-de-Seine) soupçonnés d`avoir séquestré et torturé à mort Ilan Halimi, un jeune juif de 23 ans, serait parti pour la Côte d`Ivoire, d`où sa famille est originaire. Le caïd aurait pris un billet d`avion sous son nom, mercredi dernier, pour Abidjan. Fofana, par ailleurs surnommé «Django» ou «Mohammed», aurait donc quitté le pays deux jours après la découverte du corps et la veille des premières dénonciations à la brigade criminelle. Hier, l`un de ses lieutenants ainsi que la jeune femme de type maghrébin ayant servi d`appât étaient toujours recherchés.


Deux policiers français sont partis en Côte d`Ivoire sur ses traces, tandis que des associations comme la Licra, SOS Racisme et l`UEJF appellent à une manifestation contre l`antisémitisme, dimanche à Paris.


Plusieurs suspects

Les juges d`instruction Corinne Goetzmann et Baudouin Thouvenot ont lancé une commission rogatoire internationale en Côte d`Ivoire après avoir appris que « Django », s`y était rendu par avion, depuis Lyon le 15 février, sous sa vraie identité. "Nous sommes informés de l`affaire, qui se trouve entre les mains de la Police judiciaire", a indiqué un responsable ivoirien de la Direction de la surveillance du territoire. Interrogé sur la présence du suspect dans son pays, il n`a pas souhaité répondre "pour ne pas perturber l`enquête en cours".

Un responsable de la PJ ivoirienne a indiqué avoir reçu une demande de la justice française de venir interroger un "certain nombres d`individus". De son côté, la rébellion des Forces nouvelles, qui contrôle le Nord du pays, où le suspect pourrait avoir des attaches, dit "attendre d`être saisie officiellement" par les autorités françaises avant de se pencher sur cette affaire.


En France, dix suspects au total, dont trois femmes, sont actuellement en détention provisoire. Deux hommes, arrêtés la semaine dernière, toujours interrogés par les policiers, devraient être présentés aux juges, dans la journée, pour une mise en examen. Un treizième suspect interpellé en Belgique est visé par un mandat d`arrêt européen. Outre Youssef Fofana, au moins deux autres personnes, des femmes qui auraient servi "d`appâts" pour le gang, sont recherchées.

En attendant, la juge d`instruction Corinne Goetzmann a décidé de procéder, hier soir, aux mises en examen de sept suspects parmi les interpellés, six hommes et une femme, pour «enlèvement et détention, (...) association de malfaiteurs, (...) séquestration en bande organisée». La magistrate a également retenu, contre tous, la circonstance aggravante de «crime commis en raison de l`appartenance à une religion». Cette circonstance aggravante peut toutefois ne pas être retenue à l`issue de l`instruction.

Au stade actuel de l`enquête, il apparaît que les membres du gang mêlaient le crime crapuleux et l`antisémitisme. «L`argent était bel et bien le mobile principal de ces jeunes de cités ultraviolents», reconnaît une source proche du dossier. Composée d`Africains, de Beurs, d`un Portugais ou encore de Français de souche, la bande était prête à tout. «A leurs yeux, enlever un Juif était une bonne idée, explique la même source. Ils se disaient que si ni lui ni ses parents ne pouvaient payer, la communauté verserait la rançon.» Les ravisseurs avaient même joint le rabbin du VIIIe arrondissement – qui s`est signalé à la police – exigeant la somme, alors même qu`Ilan ne fréquentait pas sa synagogue.

Ce serait pour ce cliché meurtrier du «Juif riche» qu`Ilan a été kidnappé. D`autant plus que ce dernier, peu de temps avant sa disparition, aurait attiré l`attention des kidnappeurs lors d`une soirée dans un établissement de nuit à la mode du VIIIe arrondissement à Paris. Pendant la vingtaine de jours qu`a duré son calvaire, Ilan a été torturé dans un appartement avant d`être transféré par ses «geôliers» dans la chaufferie d`un immeuble de la rue Prokoviev à Bagneux ; «Au fur et à mesure que le cerveau de la bande négociait la rançon, certains de ses complices ont multiplié les sévices gratuitement, dit un enquêteur. Toute la cité ne pouvait pas ignorer ce qui se déroulait sous leurs yeux...»

Mis en cause pour leur gestion des investigations par la mère d`Ilan Halimi dans le quotidien israélien Haaretz, la PJ parisienne reconnaît que le contact a été rompu dans la dernière semaine avec les ravisseurs. «Leur discours était devenu totalement incohérent, confie un enquêteur. Nous attendions un signe tangible mais ils changeaient sans cesse leurs conditions, passant du ton presque badin aux menaces...»

Par ailleurs, les enquêteurs répondent aux griefs de la famille d`Ilan que la diffusion du portrait-robot d`Audrey L., la blonde ayant servi d`appât, avant la découverte du cadavre, n`aurait pas porté ses fruits.


Une victime raconte son agression

«C`est en apprenant par la presse qu`un otage était mort torturé que ma cliente s`est rendue à la police par courage et par civisme, explique Me Jean Balan, avocat d`Audrey. Elle savait par son amoureux, membre de la bande, que quelqu`un avait été kidnappé mais qu`on lui avait certifié que ce dernier allait être libéré.»


A deux reprises, Audrey L. avait «dragué» des inconnus qui lui avaient été désignés sans aller jusqu`au bout. La jeune femme aurait par ailleurs refusé les 5 000 euros que Youssouf Fofana – qu`elle ne connaissait que sous le surnom de Mohammed – lui proposait. Hier, Michaël, quinquagénaire, une des six victimes du «gang des barbares», a raconté son agression qui remonte au mois dernier. Parti à la rencontre d`une fille de 20 ans qui tentait à tout prix de séduire son fils Jimmy, il avait été rossé par des inconnus encagoulés dans un parking. Juif comme Ilan Halimi, il a eu la vie sauve grâce à l`arrivée de passants.

Sources: NEWS ABIDJAN

Actualités diplomatiques du ministère des Affaires étrangères - Point de presse du 21 février 2006 du porte-parole du Quai d`Orsay

Deux officiers de police français sont partis pour la Côte d'Ivoire aujourd'hui, dans le cadre de l'affaire du jeune torturé et tué la semaine dernière. Qu'attendez-vous de la part des autorités d'Abidjan sur ce dossier?

Je vais m'exprimer avec précaution sur cette affaire, parce qu'elle est couverte par une procédure judiciaire. J'ai lu comme vous qu'il y avait une commission rogatoire. Je n'en ai pas confirmation à ce stade. Nous allons vérifier ce point. J'ai vu aussi qu'on annonçait l'envoi d'enquêteurs sur place, mais je n'en ai pas non plus confirmation.

C'est une procédure judiciaire et je vous invite donc à vous tourner vers le ministère de la Justice pour avoir confirmation de cela.

Ce que nous attendons de façon générale, c'est que tous ceux qui sont impliqués dans cet acte abominable puissent être retrouvés et traduits en justice. S'il s'avère qu'une de ces personnes se trouve sur le territoire de la Côte d'Ivoire, notre souhait est qu'il puisse y avoir une coopération en matière judiciaire avec la Côte d'Ivoire pour pouvoir l'appréhender et le transférer vers la France.

(Est-ce que vous pensez que l'état actuel des rapports entre la France et la Côte d'Ivoire est de nature à faciliter ce travail ?

Je n'ai pas de commentaire particulier. Je pense que cela n'a rien à voir. Il y a une situation politique, un engagement de la France au sein de la communauté internationale en Côte d'Ivoire d'un côté. Par ailleurs, il y a une affaire judiciaire. Très honnêtement, je ne vois pas qui pourrait vouloir protéger un individu impliqué dans une affaire aussi abominable.

Le Quai d'Orsay a un rôle dans un cas d'espèce comme celui-ci ou le dossier est directement traité par les ministères de l'Intérieur et de la Justice?

Normalement, notre rôle se limite à transmettre les commissions rogatoires. Ces commissions sont transmises au ministère des Affaires étrangères, qui les envoie aux ambassades, qui elles-mêmes les remettent aux autorités locales. On me signale par ailleurs que la convention franco-ivoirienne d'entraide judiciaire autorise, dans son article 2, la transmission directe de demandes d'entraide judiciaire entre les ministères de la Justice en cas d'urgence. Cela veut dire qu'à ce moment là, il n'y a pas nécessairement une transmission via le ministère des Affaires étrangères.
Sources :  News Abidjan

Publié dans Crimes

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