"C'est pas moi" dit Fofana

Publié le par Adriana EVANGELIZT

La  mort d'Ilan, "c'est pas moi" dit Youssef Fofana

par PATRICIA TOURANCHEAU


Lors de ses auditions par des enquêteurs français et ivoriens à Abidjan, le chef présumé du «gang des barbares», aurait affirmé vendredi qu'il n'était pas l'auteur du meurtre • Il a reconnu sa participation à l'enlèvement, «pas à cause de la religion» du jeune vendeur juif mais pour «l'argent» •

Toujours interrogé à Abidjan vendredi par des officiers français de la brigade criminelle de Paris, Youssouf Fofana, 25 ans, chef présumé du «gang des barbares», a avoué qu'il avait organisé le rapt d'Ilan Halimi mais nié son implication dans le meurtre. Selon un enquêteur, Fofana a en effet déclaré qu'il avait ciblé ce vendeur de téléphones juif «pas à cause de sa religion» mais parce que «pour lui, c'est un mec qui a de l'argent». Il a expliqué différentes étapes des négociations avec la famille pour tenter d'obtenir une rançon qui a varié de 450.000 à 150.000 euros, en passant par 5.000, et l'échec de son entreprise. A chaque fois, il a renoncé à se présenter lui-même aux rendez-vous «car il a [eu] la trouille», a rapporté un policier, et a cherché «des systèmes». En vain.

Youssouf Fofana a dit aux policiers qu'il ne «savait plus alors comment gérer l'enlèvement» et chargé ses comparses sur les sévices et les tortures. Ilan Halimi a été séquestré, attaché, menotté, tout nu, le visage scotché dans un appartement de Bagneux puis dans la chaufferie de l'immeuble. Mais au bout de trois semaines, «les geôliers en [eu] ont marre» de garder l'otage, «des complices ont peur».

Questions sans réponses


Malgré les auditions en cours, les enquêteurs ont du mal à comprendre le dénouement et Youssouf Fofana ne les y aide pas. En tout cas, la nuit du 12 au 13 février, des membres du gang décident d'emmener Ilan Halimi en voiture jusqu'à un petit bois non loin de Sainte-Geneviève des Bois. Les enquêteurs supposent qu'ils «veulent le libérer cette nuit-là» mais qu'il «se passe quelque chose»: «la victime a-t-elle essayé de s'échapper ou a-t-elle reconnu un de ses agresseurs ? On ne sait pas. Qui participe à la dernière nuit ? Pourquoi s'acharnent-ils à ce moment-là ?».

Autant de questions auxquelles Youssouf Fofana ne répond pas. En tout cas, un liquide inflammable peut-être du White Spirit a été projeté sur la victime qui a été brûlé «de façon superficielle ou profonde sur 80% de la surface de son corps». Et a reçu des coups «à l'arme blanche». Fofana dit «c'est pas moi». Ils l'ont cependant «laissé vivant» mais en «triste état» puisque Ilan Halimi a marché à travers le bois pour rejoindre la gare d'où un témoin le voyant tituber a appelé les secours. Il est mort sur le trajet de l'hôpital.

Pas d'extradition immédiate
Youssouf Fofana se trouve toujours dans les locaux de la PJ ivoirienne à Abidjan. Le parquet de Paris a donné vendredi matin son feu vert à l'émission d'un mandat d'arrêt international par la juge française Corinne Goetzmann à son encontre, en vue de son rapatriement à Paris. La magistrate dispose d'un délai de 20 jours pour faire parvenir aux autorités ivoiriennes une demande d'extradition.

L'intéressé devra ensuite comparaître devant une chambre d'accusation ivoirienne avant que les autorités judiciaires de ce pays ne signent le décret définitif d'extradition. Dans l'enquête sur le crime, treize personnes au total ont été mises en examen, dont onze placées en détention provisoire. Six autres personnes se trouvent encore en garde à vue à Paris à la brigade criminelle.

Sources : LIBERATION

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