La prison de Fofana, une vraie passoire

Publié le par Adriana EVANGELIZT

La Maca, prison de Youssouf Fofana, connue pour ses évasions spectaculaires

La Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca), principal établissement pénitentiaire de Côte d'Ivoire où est incarcéré depuis lundi Youssouf Fofana, a connu ces derniers années de nombreuses évasions dont certaines ont été spectaculaires.

M. Fofana, présenté lundi à un procureur du tribunal de première instance d'Abidjan qui lui a notifié le mandat d'arrêt international émis par la France et la demande d'extradition française, a passé sa première nuit de lundi à mardi en prison, dans un quartier de haute sécurité de la Maca.

»Suspecté de meurtre, Fofana devait être conduit dans le bâtiment C réservé aux grands criminels», a expliqué à l'AFP un gardien de la prison, sous couvert de l'anonymat.

»Mais comme sa situation constitue un cas spécial, il a été acheminé dans la cellule des assimilés, réservée aux détenus aisés où il pourra bénéficier d'une chambre individuelle», selon la même source.

Selon le traitement habituellement réservé aux détenus dans cette partie de l'établissement, il peut, pendant la journée, sortir librement de sa cellule pour aller marcher dans une petite cour, y jouer au football, sous la surveillance des gardiens.

»Mais à 18 heures tous les prisonniers sont conduits dans leur cellule fermée à double tour», affirme un autre gardien.

Interrogé par l'AFP, le directeur de l'administration pénitentiaire, François Gueï, s'est refusé à faire tout commentaire sur les conditions de détention de M. Fofana: »il est traité comme un détenu de la Maca», a-t-il simplement indiqué.

Située à la périphérie ouest du quartier populaire de Yopougon, la Maca jouxte un ancien parc national, l'épaisse forêt du Banco, qui s'étend jusque dans les faubourgs d'Abidjan.

Construite dans les années 1970, d'une capacité théorique de 1.500 détenus, la prison connaît une surpopulation constante, avec des effectifs qui tournent à une moyenne de plus de 5.400 personnes.

En grande partie vétuste et délabrée, elle a connu ces dernières années plusieurs évasions dont la plus spectaculaire s'est produite en novembre 2004. Au plus fort de violentes manifestations anti-françaises à Abidjan, près de 4.000 prisonniers s'étaient fait la belle par les égouts vers la forêt voisine, le tout sur plusieurs jours et avec la complicité d'une partie des personnels.

En mars 2005, ce sont une vingtaine d'autres prisonniers qui se sont évadés, là encore par les égouts, baptisés ironiquement par certains détenus le »métro Abidjan cadeau».

Dans les parties ordinaires de la prison, la discipline est assurée par les détenus eux-mêmes, sous la surveillance extérieure des gardiens postés dans des miradors. A la tombée de la nuit, la Maca est plongée dans le noir, aucun système électrique ne permettant l'éclairage général de la cour de l'enceinte.

L'armée ivoirienne, appuyée par une unité de police spécialisée dans la lutte contre la grande criminalité, a récemment installé des bases à proximité de la prison pour parer à d'éventuelles évasions.

Sources : TAGEBLATT

Posté par Adriana Evangelizt

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