LA LOI DU LOBBY

Publié le par Adriana EVANGELIZT

La loi du lobby

par A. Merad

Les médias lourds de l’Hexagone en ont fait leurs choux gras. Mais avec une telle gravité dans le propos qu’on les sentait partie prenante.

Une façon bien particulière d’en prendre acte en se sentant profondément solidaire. Si l’événement a été évidemment largement commenté par les journaux télévisés, il s’en est trouvé des émissions dites de divertissement qui se sont crues obligées de prendre le relais pour bien mastiquer le sujet. Un fait divers -c’est un magistrat parisien qui l’a déclaré à une agence de presse française- qui a eu des prolongements d’antisémitisme, le motif aura été incontournable et en même temps explosif pour susciter l’émoi général et heurter les esprits.

La France entière est donc descendue dans la rue pour manifester son indignation à la suite de l’assassinat du jeune Ilan Halimi par la bande de malfrats dite « des barbares ». Du président de la République au simple citoyen anonyme, en passant par tous les ténors de la classe politique dans son ensemble, à l’exception de l’extrême droite suspectée de vouloir faire dans la récupération politicienne, la mobilisation a été massive, à la mesure du mouvement de conscience suscité pour la circonstance pour exprimer une solidarité plus idéologique qu’émotionnelle et dénoncer les conséquences d’un acte crapuleux qui risque, si la société n’y prend pas garde, de déboucher sur des dérives communautaires insoupçonnées.

Ainsi donc, l’affaire Halimi a-t-elle révélé que dans l’Hexagone, on reste, mais de manière partiale, très pointilleux sur les principes de liberté et des droits de l’homme, même si dans ce cas de figure a flotté dans l’air comme un sentiment de culpabilisation qui semblait de mise. Bernard Kouchner aura beau dire que ces marches auraient eu la même intensité s’il s’était agi d’un Arabe ou d’un Noir, il savait que ce qu’il disait sonnait faux. La preuve est que jamais l’etablishment français au grand complet ne s’est donné le mot comme il l’a fait cette fois-ci pour témoigner sa compassion envers les très nombreuses victimes de crimes analogues ayant visé précisément des Noirs et des Arabes. Les manifestations de solidarité n’ont jamais atteint cette ampleur, ni connu cette amplitude politique devant un acte crapuleux que tout le monde condamne avec la plus grande vigueur, mais auquel on a bien voulu donner une autre connotation.

Dans un de ses commentaires, le journal Libération a bien saisi la nuance en écrivant « que certaines voix considèrent qu’il faut traiter cette affaire comme un fait divers particulièrement sordide, pas comme une affaire de société et encore moins d’Etat. La mise en avant du caractère antisémite des activités criminelles de la bande serait une erreur pouvant aggraver le fossé entre communautés en France et à terme alimenter ce même antisémitisme ». Il faut se demander alors pourquoi cette propension à réagir fortement ici, et de façon presque formelle par ailleurs. Y a-t-il derrière chaque réaction un calcul auquel les politiciens sont obligés de se soumettre au risque de leur perdre leur âme ? En tout état de cause, la frénésie qui s’est emparée aussi bien des politiques que des médias dans l’affaire Halimi laisse croire que rien n’est entrepris innocemment, à plus forte raison quand on sait que derrière il y a un puissant lobby qui dicte sa loi.

Sources : EL WATAN

Posté par Adriana Evangelizt

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