Ilan : L'antisémitisme pas vraiment avéré

Publié le par Adriana EVANGELIZT

L'antisémitisme, hypothèse controversée du meurtre d'Ilan Halimi

Après la mise en examen de vingt-deux personnes, dont celle de Youssouf Fofana, dans l'enquête sur le meurtre d'Ilan Halimi, la justice doit désormais se prononcer sur le caractère antisémite ou non de cette affaire.

Une grande majorité des mis en examen, dont M. Fofana, chef présumé du gang, est concernée par cette circonstance aggravante, définie par le code pénal comme »meurtre avec préméditation en raison de l'appartenance ou la non-appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée».

La famille de la victime et les représentants de la communauté juive ont dénoncé un acte clairement »antisémite». »Si Ilan n'avait pas été juif, il n'aurait pas été assassiné», a affirmé au quotidien israélien Haaretz sa mère Ruth Halimi quelques jours après la mort de son fils.

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Roger Cukierman a mis en garde contre »les petits préjugés antisémites et racistes» qui »peuvent avoir des conséquences épouvantables».

Pourtant, au début de l'affaire, le caractère antisémite n'a pas été retenu. Il ne l'a été qu'une semaine plus tard, le garde des Sceaux, Pascal Clément, y ayant fait explicitement référence, et Nicolas Sarkozy ayant évoqué un »antisémitisme par amalgame».

M. Fofana, poursuivi notamment pour »assassinat» et incarcéré à Rouen, a affirmé aux enquêteurs ne pas avoir tué le jeune vendeur parisien. S'il a reconnu avoir participé à son enlèvement, il a déclaré avoir agi uniquement »à des fins financières».

Dans un premier temps, le parquet avait estimé que l'association faite par les malfaiteurs entre »juifs et argent» pour réclamer une rançon ne pouvait pas étayer un mobile antisémite, a-t-on expliqué de source judiciaire.

Puis l'un des suspects, qui aurait surveillé Ilan Halimi pendant sa séquestration, a expliqué qu'un autre des geôliers avait écrasé un joint sur la victime en raison de sa confession. L'homme mis en cause, le seul mineur, âgé de 17 ans, a nié ces allégations.

S'appuyant sur cette accusation, la juge Corinne Goetzmann a alors ajouté aux multiples infractions de l'information judiciaire la circonstance aggravante d'antisémitime.

Cette décision a suscité quelques mises en garde contre toute précipitation en la matière.

Une source proche du dossier a affirmé à l'AFP être »convaincue» que la thèse de l'antisémitisme »ne tiendrait pas».

»Je trouve qu'on s'est un peu précipité. Au final, on risque de se retrouver face à une criminalité malheureusement très banale», a estimé Me Dorothée Desaccia-Bernstein, avocate de l'un des mis en examen.

Me Teddy Cohen est avocat de Samir, un autre suspect : »rien ne figure pour l'instant dans le dossier qui puisse laisser supposer qu'il ait agi par antisémitisme», a-t-il assuré.

Défenseur d'Audrey, la jeune femme dont des portraits-robots ont été diffusés dans la presse, Me Jean Balan attend des juges qu'ils déterminent »la portée exacte de l'acte».

»Cet antisémitisme n'est certainement pas basé sur des critères philosophiques, historiques ou religieux, mais sur des clichés primaires qui associent argent et juifs dans un premier temps, puis entre juifs, occident et le mal lorsqu'ils cherchent un alibi à leur barbarie», a déclaré Me Balan à l'AFP.

Sources : Tageblatt

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