Robert Redeker

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Voilà un article qui a le mérite d'être clair sur Redeker.

Robert Redeker


Solidarité de principe mais soutiens très critiques pour l'intellectuel islamophobe Robert Redeker menacé de mort.


Robert Redeker, professeur de philosophie menacé de mort après avoir publié dans Le Figaro un article haineux contre l'Islam, a finalement trouvé -- après les avoir réclamés à grands cris -- quelques soutiens parmi les syndicats d'enseignants, les associations laïques ou religieuses, les partis ou hommes politiques et les organisations de défense des libertés. Hormis l'Extrême-droite et une partie des médias, la plupart jugent toutefois sévèrement son article à l'origine de l'affaire, précisant bien qu'ils ne partagent pas ses opinions et qu'ils n'apportent leur soutien que "par principe", plus pour préserver le droit à l'expression que par adhésion à ses idées.


Les deux principales fédérations syndicales du monde enseignant, la Fédération Syndicale Unitaire (FSU) et l'Unsa-Education, ainsi que La Ligue des Droits de l'Homme (LDH), Reporters Sans Frontières (RSF), le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), le Comité National d'Action Laïque (CNAL), l'Union des Familles Laïques (UFAL), le Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP), le Premier ministre Dominique de Villepin (UMP), le ministre de l'Education Gilles de Robien (ex-UDF), le Nouveau Parti Socialiste (NPS) d'Arnaud Montebourg, le Front National (FN) de Jean-Marie Le Pen et le Mouvement Pour la France (MPF) de Philippe de Villiers notamment, ont à ce jour officiellement témoigné leur soutien au nom de la liberté d'expression. Tous condamnent les menaces de mort dont il fait l'objet mais s'élèvent contre ses "déclarations irresponsables" dont "la provocation génère l'inacceptable" (MRAP), "ne partagent pas les convictions de Robert Redeker" (UNSA), critiquent ses "idées nauséabondes", "son peu de rigueur intellectuelle" et "sa haine de l'Islam et des musulmans" (LDH), considèrent que "de plus en plus d'amalgames sont faits entre l'Islam [qui est une religion] et l'Islamisme [qui est une idéologie] (CFCM), ou encore estiment qu'un "fonctionnaire doit se montrer prudent et modéré en toutes circonstances" (Gilles de Robien). Kamel Kabtane, recteur de la grande mosquée de Lyon, a pour sa part émis des réserves sur l'origine des menaces en parlant de "manipulation" autour d'un "exposé provocateur (..) plein d'âneries puisées dans la sous-culture des trottoirs et l'ignominie raciste". Quand aux représentants de la ville et du lycée où l'enseignant travaille, ils trouvent quelque peu "abusif" de sa part de les avoir impliqués en ajoutant le nom de son établissement et de sa ville sous la signature de l'article controversé.


Les partis d'Extrême-Droite soutiennent eux beaucoup plus franchement: le FN dénonce "la menace totalitaire et fanatique" de l'Islam en réclamant "l'expulsion des extrêmistes" tandis que le MPF salue "la lucidité des propos" de Redeker. Philippe de Villiers lance une pétition de soutien et demande ironiquement à Jacques Chirac "d'héberger" l'enseignant.


Du côté des intellectuels médiatiques communautaristes, d'André Gluksmann à Alain Finkielkraut en passant par Bernard-Henri Lévy, Guy Sorman, Pierre-André Taguieff, Caroline Fourest et nombre de blogueurs ou éditorialistes jamais en retard pour jeter de l'huile sur le feu de la "guerre des civilisations", les positions sont proches de celles de l'Extrême-droite. L'heure y est aux tribunes moralistes et hypocrites pour fustiger la "religion des barbares", invoquer "Voltaire" ou "Les lumières", revendiquer "l'évidente association Islam = Islamisme", et dénoncer "les graves atteinte à la liberté de penser et de s'exprimer".


L'article de Robert Redeker, intitulé Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ?, a été publié le 19 septembre dans Le Figaro à la suite de la polémique suscitée par les extraits du discours du Pape Benoît XVI sur la violence dans l'Islam. Dans cette diatribe d'une rare stupidité, bien peu digne d'un philosophe et d'un enseignant selon beaucoup de lecteurs, il dénonce "l'islamisation des esprits en France", qualifie le Coran de "livre de haine et d'inouïe violence (...) dans lequel les musulmans sont tous éduqués" et insulte le Prophète Mahomet présenté comme un "chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame". Il estime que "l'Islam pose sa chape de plomb sur le monde" et "essaie d'imposer à l'Europe ses règles" ce qui a eu pour effet notamment "l'interdiction du string à Paris-Plages cet été". En outre "comme jadis avec le communisme, l'Occident se retrouve sous surveillance idéologique". De plus, "la lapidation de Satan, chaque année à La Mecque, n'est pas qu'un phénomène superstitieux. (..) c'est un rituel qui couve la violence archaïque des musulmans à qui l'Islam confectionne un nid", contrairement au Christianisme et au Judaïsme qui elles ne seraient pas des religions violentes. Pour conclure il considère qu'il "faut appeler l'Occident le monde libre par rapport à au monde musulman".


L'édition du Figaro contenant cet article a été officiellement interdite en Tunisie et en Egypte en raison "du contenu préjudiciable et offensant pour le Prophète, l'Islam et les musulmans". Le ckeikh quatari Youssef al-Qaradawi a également attaqué l'article de Redeker sur la chaîne de télévision par satellite al-Jezira, diffusée dans de nombreux pays arabo-musulmans.


Robert Redeker a reçu des e-mails et des coups de téléphone menaçants du type "Vous ne serez plus jamais en sécurité sur cette terre. Un milliards 300 millions de musulmans sont prêts à vous tuer". La police a pris l'affaire au sérieux et l'a placé sous haute protection, l'obligeant à quitter son poste et son domicile. Une enquête préliminaire, confiée à la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) et à l'Unité de Coordination de la Lutte Antiterroriste (UCLAT), a été ouverte par le Parquet de Paris pour "menaces de mort" et "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste".


Professeur de philosophie dans un lycée de Saint-Orens-de-Gameville, près de Toulouse, Robert Redeker, 52 ans, est membre des comités de rédaction des revues Les Temps Modernes, Culture Droit et Des Lois et des Hommes. Agrégé de philosophie, il a postulé en 2004 pour diriger un programme au Collège International de Philosophie (fondé par Jacques Derrida sous l'égide du ministère de la Recherche) mais il a été recalé par ses pairs en raison de son islamophobie. Il a publié plusieurs essais dont entre autres Aux Armes citoyens, Le Sport contre les peuples, Le Progrès ou l'Opium de l'Histoire ou Le Déshumain, ainsi que de nombreux articles plus ou moins polémiques et provocateurs portant notamment sur la pédagogie, le sport ou la culture. Sioniste, philosémite, il a aussi beaucoup écrit sur le négationisme, le révisionisme, la Shoah, l'antisémitisme ou le Judaïsme. A l'instar de la journaliste pamphlétaire Oriana Fallaci et du philosophe Alain Finkielkraut, ses propos de plus en plus réactionnaires et intolérants à l'égard de ses contemporains ont quitté le registre de la polémique et de la critique des sociétés et des religions pour dériver ces dernières années vers celui de l'islamophobie paranoïaque et, de façon plus globale, celui de la haine obsessionnelle de toute la civilisation arabo-musulmane.

Sources La République des Lettres

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans RACISME EN FRANCE

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