Levote électronique n'est pas la panacée

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Le vote électronique n'est pas la panacée

Par Estelle Dumout
ZDNet France
25 mai 2001


Une étude réalisée par une université américaine démontre que le système de vote électronique présente un taux d'erreur plus élevé que certaines autres procédures électorales.

Le vote électronique n'est pas la panacée

 

Une étude menée conjointement par des chercheurs du MIT à Boston et de l'Université Caltech à Pasadena (Californie) démontre que le vote électronique n'est pas encore la solution miracle aux problèmes électoraux. Par "vote électronique", les chercheurs n'entendent pas "vote à distance". Seule différence avec la procédure habituelle : l'électeur ne place pas un papier dans une enveloppe, il a un écran en face de lui et doit choisir son candidat soit en appuyant sur l'écran, soit en tapant sur une touche. Son choix est ensuite automatiquement enregistré et ajouté à celui des autres électeurs.

La question des votes résiduels


En novembre 2000, le chaos engendré par le décompte des voix des élections présidentielles américaines a soulevé une polémique. Au coeur des débats notamment, les bulletins que les machines à dépouiller avaient faussement enregistrés comme « blancs » en Floride. Une telle mésaventure ne serait pas arrivée si on avait utilisé le « vote électronique », prétendent certains.

Des affirmations que viennent contredire les premiers
résultats du rapport Caltech/MIT rendus public en mars dernier (les conclusions définitives de cette étude seront publiées en juin 2001). Les universitaires ont rassemblé les statistiques concernant les élections présidentielles américaines de 1980 à 2000, en prenant en compte les différentes techniques de vote employées : vote manuel avec bulletins papier, avec machines à levier, avec cartes à perforer, avec bulletins scannés ou vote électronique. L'objectif était de démontrer l'incidence de ces techniques sur la comptabilisation des votes « résiduels », c'est-à-dire blancs ou non validés.

Aussi peu sûr que les cartes perforées


Conclusion : les votes résiduels ont représenté environ 2 % des bulletins lors des présidentielles de 2000. En moyenne, le taux de votes résiduels avec les bulletins papier ou scannés et les machines à levier avoisinent les 2 %. Il atteint 3 % avec les cartes à perforer ou les machines électroniques. « Une différence importante », selon les auteurs du rapport. Quelles que soient les mesures utilisées, les conclusions restent toujours les mêmes : le vote électronique ou par carte à perforer engendre plus de votes résiduels que les autres.

Les auteurs du rapport sont particulièrement sévères avec le système par perforation : il faudrait carrément le supprimer selon eux. Ils sont cependant plus indulgents avec le vote électronique : « Nous sommes surpris par le taux élevé de votes résiduels engendré par cette technologie, surtout après tous les articles élogieux parus à son sujet », reconnaissent-ils. Ils ne condamnent pourtant pas définitivement le vote électronique : « Nous ne voulons pas donner l'impression que les systèmes électroniques sont forcément inadéquats, mais il y a encore beaucoup de choses à améliorer », explique Thomas Palfrey, professeur d'économie à l'université Caltech.

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Sources ZNET

Posté par Adriana Evangelizt

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