L’ambassadeur canadien pour une francophonie ouverte à la diversité

Publié le par Adriana EVANGELIZT

 

 

L’ambassadeur canadien, Louis de Lorimier,

pour une francophonie ouverte à la diversité

Propos recueillis par Zéna ZALZAL

À l’occasion de la Fête de la francophonie – ces deux semaines de manifestations culturelles organisées autour de la Journée internationale de la francophonie (le 20 mars) par le ministère libanais de la Culture en collaboration avec les ambassades des pays francophones au Liban –, l’ambassadeur du Canada au Liban, Louis de Lorimier, s’est exprimé sur «les objectifs du Canada en francophonie».

Rappelant, pour commencer, qu’«historiquement les deux cultures fondatrices du Canada, outre bien sûr celle des autochtones, ce sont le français d’abord et ensuite l’anglais», l’ambassadeur Lorimier a néanmoins signalé que «la survivance du français, dans cet océan anglophone que représente l’Amérique du Nord, n’est pas un accident de l’histoire, mais plutôt le fruit d’une résistance culturelle. Les Canadiens ont érigé leur culture francophone en “résistance”, dans le sens progressiste et non pas passif du terme, affirme-t-il. Cela se manifeste, notamment, par une ébullition culturelle exceptionnelle chez les Canadiens francophones, qui s’exporte d’ailleurs internationalement.»


Dans ce pays de 32 millions d’habitants, qui compte environ 8 millions de francophones (c’est-à-dire le quart de sa population) «et dont, pour la plupart, le français est leur langue première, le français se porte bien», indique l’ambassadeur. Il reste vivace non seulement au Québec (qui fêtera son 400e anniversaire en 2008 et accueillera, à l’occasion de ce moment historique fort, le prochain Sommet de la francophonie), mais également à «Ontario, chez les Acadiens (dans les provinces maritimes, dans l’ouest canadien), jusque dans le Grand Nord chez les Inuits».

Personnalité multiculturelle


Certes, le bilinguisme et notamment le respect du caractère francophone du Canada font partie des principes fondateurs du pays, mais cela n’éclipse pas pour autant sa «personnalité multiculturelle».
«L’expérience canadienne favorise le pluriculturalisme, soutient M. de Lorimier. C’est probablement ce qui explique pourquoi les émigrés se sentent bien au Canada, se sentent respectés et partie intégrante de la civilisation canadienne. Cette diversité culturelle est le fondement de notre francophonie.»
Certains, justement, taxent la francophonie de «projet néocolonial français».
«Ce n’est pas notre avis, ce n’est pas ainsi que nous la vivons au Canada, soutient l’ambassadeur. Simplement, nous partageons une langue commune qui est le français avec des gens de cultures très diverses: Cambodgiens, Vietnamiens, Roumains... C’est un projet de diversité culturelle qui nous plaît parce qu’il est à l’image du Canada.»

Véhiculer des valeurs universelles


«Sauf que, pour nous, la francophonie n’est, bien entendu, pas uniquement un projet culturel, rappelle le diplomate. Elle a des objectifs politiques, économiques et de coopération. Nous estimons notamment qu’elle doit jouer un rôle au sein du concert des nations, en ce qui concerne, par exemple, la prévention des conflits. Les deux grands pays francophones, la France et le Canada, qui font partie du G 8, peuvent avoir, à ce niveau, une influence considérable. Tout comme les cinquante-trois pays membres de la francophonie qui siègent également aux Nations unies...»


«En francophonie, le Canada s’attache particulièrement à promouvoir les droits de la personne (les droits de l’homme), le respect des droits de la femme, le droit des enfants, etc.» poursuit M. de Lorimier. «Tout comme il contribue à la propagation de l’éducation et des nouvelles technologies de l’information dans l’espace francophone, qui compte parmi ses membres certains des pays les plus pauvres au monde – parmi lesquels le Liban ne figure pas, s’empresse-t-il d’ajouter. Cette contribution est au nombre des priorités de la francophonie canadienne au niveau international.»


«Nous avons là une volonté d’amener les pays les plus vulnérables à pouvoir participer plus directement dans les grands circuits du commerce international. Car pour nous, il n’est pas simplement question d’être membre d’une organisation internationale, il s’agit d’y être pour influencer le cours des choses, transcender les clivages et véhiculer des valeurs canadiennes, universelles et appréciées.»


Une francophonie ouverte à la diversité, donc, et qui s’inscrit parfaitement dans l’esprit du slogan choisi par l’Organisation internationale de la francophonie: «Vivre ensemble, différents», fait remarquer en conclusion l’ambassadeur Lorimier.

Sources Lorient le Jour

Posté par Adriana Evangelizt

 

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