Yvan Colonna accuse Sarkozy de "pression" sur la justice

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Yvan Colonna accuse Sarkozy de "pression" sur la justice

 

# Le berger de Cargèse poursuit en référé le ministre de l'Intérieur pour atteinte à sa présomption d'innocence.

# Je comparais devant les assises en novembre mais je suis innocent", a également martelé celui qui est accusé de l'assassinat du préfet Erignac.

 

Il blâme Nicolas Sarkozy et clame son innocence. Yvan Colonna, accusé d'avoir assassiné le préfet Claude Erignac, poursuit en référé, devant le TGI de Paris, le ministre de l'Intérieur pour atteinte à sa présomption d'innocence. Lundi, il a dénoncé la "pression inacceptable et intolérable" du ministre sur la justice.

Le berger de Cargèse, qui doit comparaître à l'automne devant la cour d'assises spéciale de Paris pour l'assassinat du préfet commis en février 1998, reproche au candidat UMP de l'avoir à plusieurs reprises publiquement présenté comme coupable avant tout jugement. Notamment le 5 janvier 2007, lors d'un déplacement à Sainte-Lucie de Tallano, en Corse-du-Sud. Un journaliste avait alors demandé à Nicolas Sarkozy : "Vous pensez qu'il est l'assassin comme vous l'avez dit le jour de son arrestation ?". "(...) Il n'y a pas que moi qui le pense ; sinon je ne pense pas qu'on l'aurait gardé en prison", avait notamment répondu le candidat UMP.

"Je comparais devant les assises en novembre mais je suis innocent, je l'ai toujours affirmé depuis le premier jour, ou à tout le moins présumé innocent", a affirmé Yvan Colonna, pull orange sur tee-shirt, qui s'exprimait depuis son box, dans une salle d'audience très sécurisée. "Juriste de formation (ndlr : Nicolas Sarkozy est avocat), il sait en connaissance de cause qu'il n'aurait pas dû employer ces termes", a affirmé le berger, d'autant, a-t-il ajouté, qu'il bénéficie d'un "large écho médiatique".

Décision le 4 avril

Selon Yvan Colonna, le ministre de l'Intérieur a ainsi exercé "une pression inacceptable et intolérable sur l'ensemble de l'appareil judiciaire". "A titre d'exemple, mon chef de détention m'a dit l'autre jour : 'Si c'est Sarkozy qui passe, ça va être dur pour toi'", a rapporté l'accusé. Interrogé par le président sur les faits qui lui sont reprochés, Yvan Colonna a refusé de s'étendre : "J'en parlerai au moment de mon procès. J'ai beaucoup à dire mais je ne pense pas que ce soit aujourd'hui ni le lieu, ni le moment".

"Vous ferez oeuvre de justice en décidant que le ministre a le droit de dire ce qu'il pense", a répondu Me Jean-René Farthouat, qui défend Nicolas Sarkozy en tant que ministre de l'Intérieur tandis que Me Thierry Herzog, son autre avocat, qui le représente en tant que candidat à la présidentielle, a estimé que son client n'avait "rien dit de plus que ce que la justice dit depuis l'arrestation d'Yvan Colonna" en juillet 2003.

De son côté, la représentante du parquet a estimé que les propos du ministre ne portaient pas atteinte à la présomption d'innocence de l'accusé. Elle a en outre estimé "injurieux que l'on puisse affirmer que les magistrats professionnels (ndlr : qui composeront la cour d'assises spéciale de Paris) vont être influencés par les propos tenus par M. Sarkozy". Décision le 4 avril à 14h.

Sources
LCI

Posté par Adriana Evangelizt

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