Le corps de Sophie Gravaud dans un fossé

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Le corps de Sophie Gravaud dans un fossé

La jeune femme, disparue samedi près de Nantes, pourrait avoir été victime d'une agression sexuelle. Ramiz Iseni, soupçonné de son enlèvement, a été écroué.
Dans un fossé, en bordure d'un bois, le long d'un petit chemin, à l'abri des regards, en contrebas d'une bretelle de la quatre voies Nantes-Pornic : c'est là, à Bouguenais, que le corps de Sophie Gravaud, 23 ans, a été découvert, hier. Il était « en grande partie dénudé, face contre terre », selon les mots du procureur de Nantes, Stephan Autin. « On ignore comment la victime a été tuée », indique le magistrat, précisant qu'il a élargi le champ de l'information judiciaire. Il est question, désormais, « d'enlèvement, séquestration et détention arbitraire suivis de mort ».

Ecchymoses sur tout le corps

Un automobiliste, descendu de voiture pour sa pause déjeuner, a fait la macabre découverte à 13 h 30. Les techniciens de la gendarmerie et de la police ont aussitôt bouclé le secteur qui a été ratissé. Un médecin légiste s'est déplacé. Derrière une bâche noire tendue, il a procédé à un premier examen du corps, qui a été formellement identifié, en fin d'après-midi. On apprenait que Sophie Gravaud avait sans doute vécu un calvaire.

« Des ecchymoses sur l'ensemble du corps et notamment à l'intérieur des jambes ont été relevées, ce qui laisserait penser à une résistance à une agression sexuelle », indique le procureur. Le corps porte aussi des traces compatibles avec « une compression manuelle au niveau des vertèbres cervicales ».

Le médecin avance que le corps a été déposé à cet endroit alors que la victime était déjà décédée. La mort datait alors de moins de six heures. À proximité du corps, une boucle d'oreille et « un ou deux objets qui sembleraient appartenir à la victime » ont été trouvés.

Parallèlement à la découverte du corps de Sophie Gravaud, Ramiz Iseni, le principal suspect, a été mis en examen pour « enlèvement, séquestration et détention arbitraire » et « vol et escroquerie ». Il a été écroué à la maison d'arrêt de Nantes à 16 h. Ce Bosniaque de 46 ans, père de quatre enfants, était arrivé de Lyon, hier, à 10 h 30. Son épouse, Bukurija, 40 ans, avait été mise en examen et écrouée la veille pour complicité. Elle doit repasser, dans les jours prochains, devant le juge des libertés et de la détention pour demander sa mise en liberté.

Les policiers soupçonnent Ramiz et Bukurija Iseni d'avoir utilisé la carte bancaire de la victime, samedi, la nuit de sa disparition. Le couple habite Nantes, dans le quartier Zola.

Les résultats de l'autopsie attendus aujourd'hui

Tout au long de sa garde à vue, Ramiz Iseni, déjà mis en cause dans une affaire d'agression sexuelle sur mineure, a nié fermement avoir rencontré Sophie Gravaud. « Il ne dit toujours rien », insiste une source proche de l'enquête. L'homme affirme que son téléphone portable lui a été vendu par un inconnu. Il a ajouté qu'il avait quitté Nantes pour chercher de l'argent car il croule sous les dettes de jeu. Selon le couple qui l'a hébergé à Bourgoin-Jallieu, placé 48 heures en garde à vue avant d'être libéré, il projetait de quitter la France au volant de sa Golf au moment de son interpellation, mardi soir.

L'enquête a progressé extrêmement vite, mais il reste de nombreuses zones d'ombres. Qui a « tué » ? Quand ? Comment ? L'autopsie devrait apporter, aujourd'hui, des réponses aux deux dernières questions. Pour répondre à la première, les enquêteurs comptent sur l'ADN. Des prélèvements effectués sur le sous-vêtement découvert, mercredi soir, sont en cours d'expertise. Il avait été trouvé avec d'autres effets de la victime, près d'Atlantis, à Saint-Herblain, non loin de la boutique ou travaillait Sophie Gravaud. C'est là qu'elle a été vue pour la dernière fois, samedi.

Une autre jeune femme avait été enlevée la veille, sur la même zone commerciale, et avait subi un viol. D'après les enquêteurs, rien n'indique, pour l'heure, que les deux affaires soient liées.

Charles CENTOFANTI, Marylise COURAUD, Thomas HENG.
Sources OuestFrance
Posté par Adriana Evangelizt

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