Procès Colonna : la défense tente de reprendre l'initiative

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Procès Colonna : la défense tente de reprendre l'initiative

La défense d'Yvan Colonna a tenté mardi de reprendre l'initiative en accusant les membres du commando qui a assassiné le préfet Claude Erignac de sacrifier l'innocence de l'accusé pour "protéger" un ou des complices inconnus, puis en demandant un transport de la cour sur les lieux du drame.

Depuis jeudi dernier, les six membres du commando condamnés en 2003 pour l'attentat du 6 février 1998 se sont relayés à la barre, avec leurs femmes et compagnes, pour dédouaner l'accusé de toute participation au complot, alors qu'ils l'avaient impliqué lors de l'enquête.

Mais ils l'ont mis hors de cause du bout des lèvres, sans livrer le moindre détail convaincant, expliquant seulement leurs accusations initiales par la rigueur des garde à vue.

"C'est bien beau, ce qu'ils disent à la barre, que je n'y étais pas. Mais il n'y a pas d'explication, et moi ça ne me satisfait pas", lance Yvan Colonna.

Les traits tirés, se disant "très fatigué" par cette quatrième semaine de procès, le berger de 47 ans doute de la sincérité de ses anciens amis, qui lui ont à peine accordé un regard depuis la barre des témoins: "j'ai le sentiment qu'ils ont fait le choix de prendre le risque de me faire condamner à perpétuité, bien que je sois innocent, pour protéger quelqu'un d'autre ou quelques-uns", dit-il.

La veille, l'un d'eux, Alain Ferrandi, avait donné un point à l'accusation en maintenant que le complot comptait sept membres, et qu'un manquait donc toujours à l'appel.

"Visiblement, il y a une stratégie pour bloquer. On bloque à sept. On ne va pas plus loin", insiste Yvan Colonna. "Leur attitude, je ne la comprends pas quand ils ne veulent pas s'expliquer sur le nombre". "Alain me connaît et il sait bien que je n'ai tué personne".

Dans les couloirs du palais de justice, son avocat Gilles Simeoni enfonce le clou : "des membres du commando ne sont pas à ce jour identifiés" et les six les protègent "manifestement parce que ces personnes leur sont plus chères qu'Yvan Colonna", dit-il.

De son box, l'accusé dénonce un "scénario figé" : "je suis persuadé que pas une seule seconde les trois juges d'instruction ne se sont mis en situation de se dire : ce type est innocent".

Coup de poker l'après-midi, sa défense demande un transport de la cour en Corse, sur les lieux de l'assassinat du préfet à Ajaccio, mais aussi sur ceux de l'attentat de septembre 1997 contre la gendarmerie de Pietrosella, en Haute-Corse, dont Yvan Colonna est également accusé.

"Incontestablement, au fil des audiences, des éléments nouveaux sont intervenus", assure Me Philippe Dehapiot, l'un des quatre défenseurs de l'accusé. Ils veulent surtout tenter de prouver que seulement deux personnes étaient sur les lieux de l'assassinat, à savoir Pierre Alessandri et Alain Ferrandi qui ont déjà avoué leur présence, ce qui exclurait Colonna.

"Une justice qui veut vraiment la vérité ne peut se dispenser d'un transport sur les lieux", affirme Me Simeoni.

"C'est un piège habile, celui des droits de la défense", réplique l'un des avocats de la partie civile, Me Benoît Chabert, tandis que Me Philippe Lemaire, qui défend la veuve du préfet, stigmatise "une demande qui n'a plus de sens trois jours avant la fin des débats".

"Les débats ont évolué car les épouses et les membres du commando venus à la barre se sont rétractés du bout des lèvres pour sauver le soldat Colonna", ironise Me Vincent Courcelle-Labrousse, défenseur du frère du préfet.

Le président Dominique Coujard a demandé à la défense de présenter par écrits ses arguments à la cour, qui devait se prononcer mercredi.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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