Durée du travail: la polémique rebondit

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Durée du travail: la polémique rebondit

Les 35 heures sont dans le collimateur de François Fillon. Il souhaite que les partenaires sociaux déterminent eux-mêmes les règles applicables en matière de durée du travail. Le PS rugit, et les syndicats dénoncent "une régression de plus d'un siècle". 

le  PS a accusé vendredi le gouvernement de chercher à "abolir la durée légale du travail". Il faisait allusion à la
volonté de François Fillon, formulée jeudi, de demander aux partenaires sociaux de s'interroger sur la possibilité de rehausser le seuil de déclenchement des heures supplémentaires.

"Le Premier ministre vient de dévoiler le véritable projet du gouvernement qui est purement et simplement l'abolition de la durée légale de travail par des accords négociés entreprise par entreprise", a déclaré dans un communiqué Stéphane Le Foll, directeur du cabinet de François Hollande.

Reculer le seuil de déclenchement des heures supplémentaires revient à "dévaloriser les heures travaillées en plus qui deviendront des heures de travail 'normales' rémunérées sans plus aucune majoration de salaires", a-t-il ajouté.

"Au moment où le pouvoir d'achat des Français baisse, la nouvelle promesse qu'adresse Nicolas Sarkozy aux salariés est "Travaillez, travaillez plus, il n'en restera rien"", a-t-il ironisé.

Le gouvernement a publié jeudi un document d'orientation sur les points qu'il souhaite voir aborder dans le cadre d'une négociation nationale interprofessionnelle en 2008, qu'il a adressé aux organisations syndicales et patronales.

Dans ce document, le Premier ministre demande notamment aux partenaires sociaux de se prononcer sur ce qui, en matière de durée du travail, doit être fixé par la loi, par accord collectif ou par accord individuel.

Les syndicats ont également vivement réagi. Le Premier ministre "sait très bien que sur ces questions-là, la négociation ne pourra pas fonctionner. Donc d'une certaine manière, on fait semblant de nous consulter et après on passe en force", a déclaré sur France Info le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly.

Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral CGT, a quant à lui indiqué que "la remise en cause de la notion de durée légale du travail commune à l'ensemble des salariés serait sans doute une régression de plus d'un siècle". "Dans une même localité, vous verrez les directions d'un supermarché qui négocieront une durée légale pour leurs salariés et tel autre qui négociera autre chose. Forcément, le patronat mettra en concurrence les salariés pour obtenir le maximum de concessions sur la durée du travail et cela deviendra vite intenable", a-t-il expliqué sur France Inter.

Sources L'Express

Posté par Adriana Evangelizt


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