Le gouvernement tente de désamorcer la bombe des RTT à l'hôpital

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Le gouvernement tente de désamorcer la bombe

des RTT à l'hôpital

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a entamé lundi une concertation destinée à désamorcer la colère des personnels hospitaliers face aux jours de réduction du temps de travail (RTT) accumulés, alors que les urgentistes prédisent une extension de leur grève.

Mme Bachelot a reçu lundi matin les quatre syndicats représentatifs de praticiens hospitaliers - CMH, CPH, INPH et Snam-HP - sur les heures supplémentaires et la monétarisation d'une partie des comptes épargne temps (CET).

Depuis la mise en place des 35 heures à l'hôpital en 2002, les personnels de la fonction publique hospitalière peuvent en effet épargner dans un CET leurs jours de RTT non pris et leurs heures supplémentaires non récupérées et non indemnisées.

Mais les difficultés de recrutement dans certaines spécialités et les difficultés financières des établissements hospitaliers ont entraîné l'accumulation de 23 millions d'heures supplémentaires impayées et de 3,5 millions de jours de congés dans des CET, en dépit des milliers d'emplois médicaux et paramédicaux créés par cette réduction du temps de travail.

A l'issue de la première séance de discussions, Mme Bachelot a salué devant la presse une "très bonne concertation qui a permis de bâtir un calendrier". "Nous allons nous revoir les 10 et 15 janvier, date à laquelle je compte bien sortir avec un accord en bonne et due forme", a-t-elle précisé.

Seront abordées au cours de ces deux prochaines rencontres les questions du "taux de paiement des jours accumulés, du calendrier des ajustements nécessaires à cette monétarisation, ou encore de la transformation des CET en points de retraite", a précisé Mme Bachelot.

Elle a assuré disposer d'environ 700 millions d'euros de "marges budgétaires" pour régler ces journées accumulées, au sujet desquelles urgentistes et anesthésistes sont déjà en grève symbolique depuis le 24 décembre.

Les organisations syndicales reçues ont, elles aussi, salué la définition d'un "calendrier serré" de négociations. "On a l'engagement que des crédits seront présents mais nous devons aussi aborder des questions plus globales comme l'attractivité de la profession et la démographie médicale", a déclaré Pierre Faraggi (CPH).

"L'hôpital public est dans l'attente", a pour sa part souligné François Aubart (CMH). "L'enveloppe de 700 millions d'euros est importante mais il ne faut pas oublier que les médecins travaillent depuis quatre ans à crédit", a-t-il relevé.

"Cela commence bien, mais est-ce que ça va durer ?", s'est interrogée Rachel Bocher (INPH).

Le président de l'Amuf (urgentistes), Patrick Pelloux, a pour sa part estimé dimanche que "tout était réuni pour un mouvement d'envergure" à l'hôpital, sans cacher que la grève du 24 janvier, déjà annoncée par les syndicats de fonctionnaires de l'Etat et les enseignants, pourrait s'élargir à l'ensemble du secteur hospitalier.

"On n'obtiendra rien sans une contestation et un rapport de forces", a déclaré M. Pelloux à l'AFP, après quinze jours de grève sans répercussion majeure sur les patients, car les grévistes, même nombreux, sont "assignés" à travailler.

Le délégué général de la Fédération hospitalière de France (FHF), Gérard Vincent, a déclaré à l'AFP que sur les 700 millions, "environ 350 millions proviennent du Fonds pour l'emploi hospitalier, consigné à la Caisse des dépôts, qui vont sans problème être débloqués."

"Par contre, on nous dit que 324 millions ont été provisionnés par les hôpitaux. C'est vrai (...) mais ces provisions n'existent plus dans la plupart des cas. Comme les deux tiers des hôpitaux sont dans une situation budgétaire déficitaire, ils ont épuisé leurs réserves, donc cet argent n'existe plus: c'est de la monnaie de singe."

Roselyne Bachelot doit poursuivre la concertation en recevant mardi après-midi l'ensemble des syndicats de fonctionnaires hospitaliers (infirmières, aides soignantes, cadres, etc).

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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