L'avènement de "Sarko II", entre "show bien rodé" et "rideau de fumée"

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Pour donner notre impression sur les discours de Sarkozy, il fait du vent. C'est un grand joueur de pipeau sauf qu'il devrait changer un peu de rangaine au lieu de noyer le populo dans ses éternelles scies. Comme on dit chez nous, il a du woua-woua mais pas beaucoup d'effet. Et il pense sans doute que tous les Français sont des boeufs juste bon à gober ses mots dénués de sens si on gratte un peu.

Revue de presse: l'avènement de "Sarko II",

 entre "show bien rodé" et "rideau de fumée"

Si la presse française a globalement vu la prestation de Nicolas Sarkozy, mardi devant la presse, comme un "show bien rodé" aussi brillant qu'offensif, elle dénonce aussi le "rideau de fumée" d'une "politique de civilisation" qui dissimule mal les "promesses non tenues".

"Au terme de ces deux heures de dialogue musclé avec les journalistes, le président a dessiné +la nouvelle frontière du sarkozysme+: la rupture au service d'une politique de civilisation", écrit Etienne Mougeotte dans Le Figaro. Pour lui, le président "entendait tout simplement inscrire son action politique dans la durée, lui proposer des valeurs, et donc lui donner un sens".

"Ce fut une belle démonstration de volonté politique", ajoute Dominique Quinio dans La Croix, qui évoque lui aussi à la "politique de civilisation", un concept auquel Nicolas Sarkozy aurait donné "un contenu" en citant les mots "valeur, respect, repères, normes, règles, autorité, amour, morale".

Mais pour Pierre Laurent, dans L'Humanité, cette conférence de presse n'a eu d'autre but que de faire oublier l'échec de la politique sarkozyenne: "Incapable, et pour cause, de combler le gouffre entre sa promesse d'être le président du +pouvoir d'achat+ et la réalité d'une politique entièrement vouée à rassasier les appétits de profits, le chef de l'État a cherché à changer de terrain, déployant tous ses talents de communicateur pour nous vendre la même politique en lui donnant l'apparence d'un nouvel élan", écrit-il.

Laurent Joffrin, dans Libération, est peu ou prou sur la même longueur d'ondes lorsqu'il s'interroge sur "les résultats concrets ou leur absence? Escamotés par le magicien du verbe narcissique".

Escamotés mais néanmoins dûment relevés par François-Xavier Pietri, dans La Tribune, qui affirme qu'"il y a eu hier (...) le premier renoncement majeur de la législature", sur le sujet "ô combien central du pouvoir d'achat" sur lequel le président a reconnu "son impuissance".

Un sujet sur lequel Francis Lachat, dans Le Courrier Picard, a remarqué lui aussi que Nicolas Sarkozy "n'avait pas grand chose à dire".

Pour Philippe Waucampt, dans le Républicain Lorrain, les "promesses non tenues pour cause de difficultés économiques, (Nicolas Sarkozy) espère les masquer encore un instant par la relance du mouvement perpétuel qui lui tient lieu de style et de raison de vivre."

Car c'est "évidemment tout le talent de Sarkozy d'étouffer son auditoire par son volontarisme", ajoute Jacques Camus dans La République du Centre, qui dénonce "une profusion d'annonces allant jusqu'à la saturation".

Parmi ces annonces, la fameuse "politique de civilisation". Pour Pierre Taribo, dans l'Est républicain, ce n'est "rien d'autre qu'un rideau de fumée". Selon lui, la prestation de Nicolas Sarkozy, c'était "un peu comme s'il débitait un énième discours de campagne en oubliant qu'il préside la France depuis huit mois."

Hubert Coudurier s'amuse quant à lui, dans Le Télégramme, du "show bien rodé" du président, réussi "comme un humoriste réussit son one-man show", ajoute Olivier Picard, des Dernières Nouvelles d'Alsace.

Jean-Pierre Bel, dans La Nouvelle République du Centre-Ouest, y voit plutôt les "limites d'un premier style Sarko" et "l'amorce d'un Sarko deuxième manière". Un avis partagé par Daniel Ruiz, qui estime dans La Montagne que "l'évolution du vocabulaire et l'abandon des formules de tribune pouvaient donner malgré tout le sentiment que l'on venait de rentrer dans une ère nouvelle, celle de Sarko II."

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Commenter cet article