Vie privée, vie publique

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Le monde entier juge Sarkozy et c'est pas brillant.

Vie privée, vie publique

par Lysiane Gagnon

Cyberpresse canadienne

La vie privée de Nicolas Sarkozy est en train de déborder dangereusement sur sa vie publique. Les médias, bien sûr, se repaissent goulûment des morceaux juteux qui leur tombent sous la main, mais qui leur a jeté la pitance, sinon Sarkozy lui-même?

La presse française, y compris les publications les plus respectables, a perdu sa réserve traditionnelle envers l'intimité des personnages publics. Mais comment faire autrement, avec ce président nouveau genre qui depuis des années étale sa vie privée avec une impudeur qui ne convient guère à la dignité de sa fonction?

Il aurait pu amorcer sa liaison avec la chanteuse Carla Bruni de manière discrète - ce ne sont pas les dispositifs de sécurité qui manquent aux présidents de la République -, mais au contraire, il a tout fait pour qu'on la remarque, s'affichant amoureusement avec elle à Disneyland, en Égypte, à Petra, et allant jusqu'à utiliser le fils de la dame - un enfant de 6 ans - pour se donner, sur les photos, l'air d'un bon père de famille recomposée. De retour à Paris, dans une conférence de presse où il est apparu particulièrement agité, il lançait aux reporters: «Carla et moi, c'est du sérieux!»... une remarque dont la familiarité surprend dans la bouche d'un chef d'État.

Il faut dire que Sarkozy avait des raisons de s'énerver. Au même moment, sortaient en librairie trois biographies de son ex-femme Cécilia, dont l'une contient des «révélations» gênantes; à l'en croire, Sarkozy serait un radin, un sauteur de femmes qui «n'aime personne, même pas ses enfants», et qui «règne sur un décor de western derrière lequel il n'y a rien», le tout couronné par une fiévreuse déclaration d'amour envers le publicitaire Richard Attias, «l'homme que j'ai le plus aimé dans ma vie». Et vlan! L'auteur, une amie de Cécilia, aurait-elle trahi des confidences à l'insu de cette dernière? C'est possible, car l'ex-madame Sarkozy a tenté de faire interdire le livre.

Dans ce contexte, on a l'impression que le président, en exposant si hâtivement sa liaison avec une femme qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Cécilia (mais avec 10 ans de moins et une réputation d'artiste), a voulu se venger de celle qui l'a maintes fois humilié publiquement, d'abord en menant une aventure très visible avec Richard Attias, pour ensuite s'abstenir de voter au deuxième tour de la présidentielle et bouder ostensiblement des rencontres officielles.

Il n'est pas sûr, toutefois, que sa remplaçante sera de tout repos, le parcours sentimental de Carla Bruni étant, disons, assez exceptionnel.

Ses amants officiels et ceux qu'on lui prête rempliraient un annuaire téléphonique, de Mick Jagger à Donald Trump en passant par Eric Clapton, Charles Berling, Jean-Jacques Goldman et les socialistes Laurent Fabius et Arno Klarsfeld. Jusque-là, tout va bien, encore que l'inclusion dans la liste d'un Donald Trump donne froid dans le dos (on a beau aimer le fric).

C'est le dernier épisode qui est fort de café. Il y a quelques années, Carla Bruni, alors la maîtresse en titre de l'écrivain Jean-Paul Enthoven, séduisait le fils de ce dernier, le jeune philosophe Raphaël Enthoven, qui devait plus tard devenir le père de son enfant. Passer du père au fils, c'est rare, même dans le microcosme semi-incestueux de Saint-Germain-des-Prés.

Cette histoire a été perfidement racontée par l'épouse trompée de Raphaël, laquelle n'est autre que Justine Lévy, fille du célèbre BHL... Dans Rien de grave, un petit roman publié dans la foulée d'un abandon cruellement ressenti, il faut faire la part de l'exagération et de la hargne de la femme bafouée, qui était au surplus sérieusement droguée aux amphétamines. Mais le portrait qui s'en dégage n'est pas flatteur: une prédatrice cynique dont le joli visage aurait été complètement refabriqué par la chirurgie, qui couchait avec le père la nuit et avec le fils l'après-midi...

Au-delà de l'anecdote, tout cela risque à la longue de ravaler le chef de l'État au rang d'une vulgaire «célébrité» de la télé. Il serait tragique que ce président intelligent, résolu et prometteur voie son efficacité politique amoindrie et sa crédibilité ternie par des histoires de boudoir.

Sources Cyberpresse

Posté par Adriana Evangelizt

Commenter cet article