Nicolas Sarkozy, président «bling-bling»

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Nicolas Sarkozy, président «bling-bling»

Cyberpresse Canada



Le style décomplexé et le goût du luxe revendiqués par le chef de l'État français Nicolas Sarkozy lui valent d'être désormais qualifié de président «bling-bling» par ses détracteurs, un terme qui renvoie à l'étalage d'accessoires clinquants par les rappeurs américains.

Vacances en yacht ou dans un palace de Louxor, voyages privés dans le jet d'un ami milliardaire, montres de luxe, lunettes noires de marque ou bijoux de joailliers célèbres portés par son ex-épouse Cécilia et maintenant sa compagne Carla Bruni: Nicolas Sarkozy ne fait pas mystère de son train de vie.

Au soir de son élection, c'est au Fouquet's, un restaurant des Champs-Elysées emblématique du Paris des personnalités fortunées, qu'il avait invité ses amis, parmi lesquels des stars de la chanson ou du cinéma.

Pour les Français, habitués à plus de réserve de la part de leur président, c'est une première et l'opposition de gauche, déstabilisée par sa sévère défaite à la présidentielle, en a fait un angle d'attaque contre Nicolas Sarkozy.

Son ex-adversaire socialiste Ségolène Royal a dénoncé ce week-end un président «désinvolte», «exhibitionniste», qui «vit comme un milliardaire» et serait dénué de toute «pudeur» alors que la France «attend que les problèmes soient réglés».

Lancée par la presse, l'expression «président bling-bling» a rapidement rencontré un franc succès, y compris dans la classe politique.

Le quotidien Libération (gauche) en a barré sa Une en décembre, alors que deux hebdomadaires revendiquaient la première évocation en 2007 d'une droite française «bling-bling», fascinée par le mythe américain de l'argent roi.

Au départ simple onomatopée imitant un bruit métallique, le terme «bling» a été adopté par les rappeurs américains à la fin des années 1990 pour désigner les bijoux ou accessoires voyants qu'ils aiment porter avec ostenstation, se mettant en scène entre grosses cylindrées, bateaux à moteur et filles en bikini.

«Bling-bling flon-flon», a ironisé vendredi le leader d'extrême droite Jean-Marie Le Pen pour qualifier la présidence Sarkozy, en complétant l'expression avec l'écho très français de la valse musette.

Le premier ministre François Fillon, lui-même d'un genre classique et discret, a à son tour utilisé l'expression pour renvoyer la gauche socialiste à sa propre réputation vis-à-vis de l'argent, renvoyant dos à dos «droite bling-bling» et «gauche caviar».

Pour le politologue Philippe Braud, Nicolas Sarkozy a trouvé, en affichant un style à la fois controversé et inédit, un autre moyen d'incarner la «rupture» qu'il a promise aux Français.
«Il veut faire la leçon à des Chirac ou Villepin (respectivement ex-président et ex-premier ministre, ndlr) qui demeurent attachés, comme l'ensemble de la classe politique, à une conception plus classique des exigences de la fonction présidentielle», explique M. Braud.

De plus, selon lui, le nouveau président a voulu «s'investir d'une mission» en «décomplexant» les Français par rapport à l'argent, pour en finir avec leur «rapport ambivalent à la richesse et à la réussite».

Mais le choix est risqué, soulignent les analystes. Jean-Daniel Lévy, de l'institut de sondage CSA, constate une «crispation de la part des Français» sur ce sujet, qui a concouru selon lui à une baisse sensible de la cote de popularité du président (-7 points en un mois, à 48% selon le dernier sondage CSA).

En France, assure-t-il, «personne n'ignore que le train de vie du chef de l'État est sans commune mesure avec celui du commun des mortels, mais on est dans l'attente de davantage de retenue de la part du président».

Sources Cyberpresse ca

Posté par Adriana Evangelizt

Commenter cet article