La stratégie internationale du caniche de Bush et d'Olmert

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Relations internationales :

Discours de Nicolas Sarkozy devant le corps diplomatique français.

Devant le corps diplomatique réuni vendredi 18 janvier à l'Elysée pour la traditionnelle cérémonie de voeux du Chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy a tenu un discours confirmant de nouveau sa volonté d'aligner la politique étrangère de la France sur celle des Etats-Unis. Exprimant une "vision" du monde toute inspirée par la politique menée par le dirigeant le plus belliqueux de la planète, George W. Bush, Nicolas Sarkozy s'est livré à un tour d'horizon des grands dossiers internationaux, expliquant la nouvelle croisade que doit mener la France en matière de relations internationales.

Pour le président français, qui a pris soin de camoufler sa doctrine atlantiste et son islamophobie sous une rhétorique du dialogue et de la tolérance -- "diplomatie de la réconciliation", "projet de civilisation", etc... -- le principal défi à relever en 2008 par la France est de "combattre le fanatisme religieux". Estimant que le retour du religieux dans nos sociétés est désormais "une réalité incontournable", Nicolas Sarkozy prône l'engagement total dans ce "combat fondamental [...] contre les réseaux terroristes globaux de type Al-Qaeda qui rêvent d'une confrontation entre l'Islam et l'Occident". À l'instar de l'Amérique des néoconservateurs et des Born Again Christian, la France du XXIe siècle qui n'oublie pas ses racines religieuses se doit elle aussi de participer activement à l'établissement d'un nouvel ordre moral sur la planète, en particulier dans tous ces pays qui n'ont rien compris à la religion du capitalisme occidental. Qu'on le comprenne bien, il ne s'agit pas de s'engager dans une "guerre des civilisations" mais simplement de replacer la France "au sein de sa famille occidentale".

Otan

Concrètement, c'est-à-dire militairement, cette "rupture" par rapport à la politique étrangère d'indépendance française menée précédemment consiste tout d'abord à "rénover" la relation avec l'OTAN, dont on célébrera en avril le 60ème anniversaire. Nicolas Sarkozy "l'américain" avait déjà exprimé cette volonté de soumettre l'Europe à l'Empire dans son discours de fin août dernier devant les ambassadeurs. Pour lui, "L'Europe de la Défense et l'ancrage atlantique sont les deux volets d'une même politique de défense et de sécurité". C'est donc promis et réaffirmé: lorsqu'il prendra la présidence de l'Union Européenne le 1er juillet prochain, il lancera des "propositions ambitieuses" pour développer avec l'OTAN une "Europe de la Défense efficace". Une orientation qui doit résonner délicatement aux oreilles de feu le Général de Gaulle qui considérait l'OTAN comme parfaitement inutile et qui a tout fait pour ne pas lier la défense de l'Europe à celle des Etats-Unis. "Ce repositionnement n'est en rien un abandon ou une quelconque atteinte à notre indépendance ou à notre liberté de parole et d'action", soutient Nicolas Sarkozy, car "en se plaçant clairement dans sa famille occidentale, la France accroît sa crédibilité, sa marge d'action, sa capacité d'influence". C'est pour lui "essentiel d'affirmer avec clarté où la France se situe et quelles sont les valeurs qui sont pour elle essentielles."

Nouvel Ordre mondial

Ces valeurs sont bien entendu des valeurs de "tolérance", "liberté", "humanisme", "démocratie", et d'une façon générale toutes celles couramment utilisés avec force trémolos par George W. Bush pour justifier ses guerres contre l'islamisme et le terrorisme aux quatre coins de la planète, provoquant du coup encore plus de violence terroriste et encore plus de fondamentalisme islamiste. C'est d'ailleurs pour ce nouvel ordre occidental éminemment pacifiste et moral que Nicolas Sarkozy et son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, ont tenu à rencontrer ces derniers mois un grand nombre de dirigeants plus ou moins fréquentables du monde arabo-musulman et même de l'axe du Mal, de Mouammar Kadhafi (Lybie) à Mahmoud Abbas (Palestine) en passant entre autres par Abdelaziz Bouteflika (Algérie), le roi Abdallah (Arabie Saoudite), Bachar El-Assad (Syrie) ou encore Khalifa Bin Zayid Al Nahyan (Émirats Arabes Unis). Si Paris a déroulé le tapis rouge pour Mouammar Kadhafi, c'est par exemple pour signifier aux Kim Jong-il (Corée du Nord) et autres Mahmoud Ahmadinejad (Iran) qu'ils ont tout à gagner à devenir eux aussi les amis des Etats-Unis et d'Israël. Mais attention, qu'on ne vienne pas dire à Nicolas Sarkozy que son objectif est de vendre des armes et des usines nucléaires ou de signer des accords pour installer des bases militaires françaises aux ordres des fauteurs de guerre israélo-américains dans les endroits stratégiques de la planète comme le Golfe persique. La mission civilisatrice de Nicolas Sarkozy est avant tout de réduire les facteurs de tension dans le monde et il entend pour cela d'abord "dialoguer avec tout le monde". Cette "diplomatie de la réconciliation" basée sur "nos valeurs et nos principes" ne sera en rien une "diplomatie de la complaisance" en matière de Droits de l'Homme, la preuve: "lorsque les orientations agréées lors d'un dialogue ne sont pas respectées, ou lorsque ce dialogue ne débouche pas sur les résultats attendus, il m'appartient en toute clarté d'en tirer les conséquences. C'est ce que j'ai fait à propos de la Syrie et du Liban", a tenu à rappeler Nicolas Sarkozy en faisant allusion à la récente rupture des contacts diplomatiques entre Paris et Damas. Personne n'en doutait, d'autant qu'il ne cesse aussi très équitablement de tancer Israël pour son terrorisme d'Etat et ses crimes contre l'humanité.

Dossiers 2008

Qu'on se le dise donc, pour Nicolas Sarkozy, le cap de la diplomatie française est désormais fixé sur les vraies valeurs morales et stratégiques incarnées par l'Amérique de George W. Bush. La France sarkozyste vibrionnante soutiendra sans réserves cette grande oeuvre civilisatrice dont on mesure les effets sur toute la planète et notamment en Irak, en Afghanistan et dans tout le Proche-Orient. En 2008, l'Elysée et le Quai d'Orsay travailleront dans ce sens, tout à la fois pour les pays d'Afrique noire (qu'on ne lui parle plus de la "Françafrique" de ses prédécesseurs), pour l'Afghanistan "talibanisé" (la France accueillera la prochaine conférence de soutien financier au régime du président Hamid Karzaï), pour le Pakistan (les grandes puissances du monde se concerteront à son initiative pour sauver le soldat Pervez Musharraf), pour les pays méditerranéens (la réalisation du "grand projet de civilisation" qu'est l'Union pour la Méditerranée, un sommet est d'ores et déjà prévu à Paris les 13 et 14 juillet prochains), pour l'Iran ("fermeté" sur le dossier du nucléaire iranien), pour le Liban (qui doit sortir "maintenant" de la crise "alimentée de l'extérieur", suivez mon regard), pour l'Irak (il faut "apaiser les tensions entre sunnites et chiites"), pour le Kosovo (l'Union européenne doit soutenir "avec fermeté" son indépendance, quitte à provoquer un clash avec la Serbie de Boris Tadic et la Russie de Vladimir Poutine), et bien entendu pour le Proche-Orient, où Ehud Olmert poursuit en toute impunité ses massacres de civils palestiniens et sa politique de colonisation ("la paix est possible entre Israéliens et Palestiniens" qui doivent "prendre tous les risques" afin de créer un Etat palestinien avant la fin de l'année 2008 -- date du départ de George W. Bush de la Maison blanche -- quitte à réduire ce futur état à une colonie croupion d'Israël et à terminer le génocide opéré actuellement dans la Bande de Gaza. Après le "succès éclatant de la conférence des donateurs de Paris", Nicolas Sarkozy se rendra d'ailleurs lui-même en Israël et en Palestine au printemps prochain pour soutenir ce "processus de paix").

Bref, de grands enjeux pour la diplomatie française et beaucoup de pain sur la planche pour François Fillon, Rama Yade et Bernard Kouchner qui ont très "religieusement" écouté la statégie du caniche d'Ehud Olmert et George W. Bush. La France, investie de sa nouvelle mission, est de retour sur la scène internationale.

Sources République des Lettres

Posté par Adriana Evangelizt


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