Mauvais karma sur la visite de Nicolas Sarkozy en Inde

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Mauvais karma sur la visite de Nicolas Sarkozy en Inde



PARIS - Après les records de Chine, la disette indienne? Sauf surprise, Nicolas Sarkozy devrait rentrer les mains presque vides de sa première visite vendredi et samedi en Inde, l'autre géant asiatique émergent: les négociations internationales sur le programme nucléaire civil indien sont au point mort et la filiale d'EADS Eurocopter vient d'y essuyer un cuisant revers.

Très attendu par les médias locaux, passionnés par sa romance avec Carla Bruni, le président devrait voyager seul.

L'Elysée a pris les devants en annonçant un voyage "politique avant toute chose" dans la plus grande démocratie du monde. Invité d'honneur de la présidente Pratibha Patil, Nicolas Sarkozy, flanqué de six ministres, assistera à la grande parade militaire de la fête nationale (le "Jour de la République", qui célèbre l'entrée en vigueur de la Constitution indienne le 26 janvier 1950). Du traditionnel dépôt de gerbe au Mémorial au Mahatma Gandhi -un des pères de l'indépendance indienne en 1947-au Premier ministre Manmohan Singh, le président fera une tournée chronométrée des autorités.

Côté contrats, une cérémonie de signatures est programmée dès vendredi pour Nicolas Sarkozy, escorté par une importante délégation patronale où figurent notamment Anne Lauvergeon (Areva) et Laurence Parisot (MEDEF). Mais la moisson s'annonce mince face aux quelque 20 milliards d'euros récoltés à Pékin fin novembre, sur fond de dégringolade des marchés boursiers internationaux.

Au volet nucléaire civil, Paris peut certes caresser l'espoir d'une future coopération, alors que l'Inde représente un gigantesque marché potentiel de 25 à 30 centrales d'ici 2020 pour alimenter les besoins colossaux en énergie de ses 1,136 milliard d'habitants. Mais voilà: puissance nucléaire déclarée depuis 1998, l'Inde n'a pas signé le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et demeure sous surveillance de la communauté internationale. Le 18 juillet 2005, elle a fait un pas en concluant un accord de partage de technologie nucléaire civile avec les Etats-Unis, en échange de meilleures garanties sur son programme atomique, dont des inspections de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique). Un accord resté lettre morte, gelant de fait son programme nucléaire civil.

Partenaire de longue date de New Delhi dans ce domaine depuis 1953, Paris ambitionne de nouer un accord similaire à celui négocié par Washington. Pour l'heure, l'Elysée se contente toutefois d'évoquer la signature durant cette visite d'une "déclaration" conjointe aux contours "assez larges". Ce que Jacques Chirac avait déjà obtenu lors de sa visite en Inde en février 2006, sans suite...

Les perspectives ne sont guère plus réjouissantes en matière d'armement, qui représente une part conséquente du budget indien. La visite de Nicolas Sarkozy a été précédée de peu par une mauvaise surprise pour le groupe EADS: début décembre, selon la presse économique, New Delhi a annulé un appel d'offres de 600 millions de dollars remporté par sa filiale Eurocopter pour la fourniture de 197 hélicoptères militaires légers. Un contrat auquel ne manquait plus que la signature définitive.

Au chapitre économique, le président n'en vise pas moins haut. Avec 1,8% de parts de marché et des prévisions de croissance entre 2 et 2,25% pour 2008, la France fait figure de nain face au géant asiatique et son insolente croissance annuelle de 8 à 9%. Selon l'Elysée, Nicolas Sarkozy s'est assigné pour objectif de "doubler" les échanges commerciaux entre les deux pays.

L'ombre du milliardaire Lakshmi Mittal, patron britannique d'origine indienne d'ArcelorMittal, pourrait aussi planer sur la visite. Le géant mondial de l'acier a annoncé la suppression de 595 postes sur 1.108 sur son site de Gandrange (Moselle), avec promesse de reclassements à la clé. Vendredi, Nicolas Sarkozy avait promis des "décisions" sur le sujet. Selon son entourage, il est "peu probable" qu'il rencontre M. Mittal en Inde. Il devrait attendre son retour à Paris.

Passionnés par la possible venue de Carla Bruni et les entorses au protocole qui en auraient découlé dans la très prude Inde, les médias indiens resteront sur leur faim. "Pas encore mariée" de son propre aveu, l'amie du président ne figure pas dans la délégation officielle. Quant à une éventuelle escapade du président au très romantique Taj Mahal samedi, elle figurait sur un programme temporaire distribué à la presse, mais a disparu de la version définitive, laissant un trou de presque quatre heures en pleine journée dans un emploi du temps surchargé.

Sources Presse Canadienne

posté par Adriana Evangelizt

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