Les candidats UMP boudent Sarkozy

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Les candidats UMP boudent Sarkozy

par Didier Micoine

AUX LEGISLATIVES de juin dernier, Nicolas Sarkozy était l'homme qui faisait gagner son camp. Pour les municipales de mars, il ne fait plus recette. Les candidats UMP ne tiennent pas vraiment à s'afficher au côté du chef de l'Etat.


A l'instar d'Alain Juppé à Bordeaux ou de Luc Chatel, secrétaire d'Etat au Tourisme et ex-porte-parole de l'UMP, à Chaumont (Haute-Marne) : le logo du parti ne figure même pas sur leurs affiches !

« Cela montre qu'il reste encore un peu de sagesse dans ce pays, sourit le villepiniste Hervé Mariton, député UMP de la Drôme et maire sortant de Crest. Les municipales sont des élections locales. L'addition des enjeux locaux prendra bien sûr une dimension nationale, mais il ne faut pas confondre cette addition avec les enjeux eux-mêmes. » Cet été, Mariton avait confié à Sarkozy qu'il désapprouvait son intention de politiser ce scrutin. « Tu as tort », lui avait répondu le chef de l'Etat. Il y a encore quinze jours, lors de sa conférence de presse, le président était toujours partisan de cette politisation des municipales : « Bien sûr que je m'engagerai parce que le concept même d'élection dépolitisée est absurde. »

Depuis, Sarkozy a donc changé d'avis : « Je n'ai pas à me mêler de la campagne municipale », a-t-il expliqué mardi, prenant acte des sondages montrant que les Français considèrent massivement que ces élections sont locales. Et avec sa cote de popularité en baisse, il a aussi compris que les candidats UMP eux-mêmes ne souhaitaient pas politiser ce scrutin. Ainsi à Chambéry ou à Angers, villes que la droite espère faire basculer, les têtes de liste UMP ne veulent surtout pas mettre en avant le soutien du président.

« Je pense qu'on va faire un mauvais score »

« Localement, les candidats qui politiseront trop vont devenir des cibles », estime Jean-Pierre Grand, élu UMP de l'Hérault. « Il ne faut pas mélanger les genres », approuve Jacques Myard, député des Yvelines et maire de Maisons-Laffitte. « Le débat sera 100 % local », affirme même Jean-Louis Borloo dans « le Figaro ». « Ce sont des élections localement dépolitisées et nationalement politisées », résume le porte-parole de l'UMP, Yves Jégo.

A l'UMP, on minimise la volte-face du président. « Il n'y a pas de changement de stratégie, assure Alain Marleix, secrétaire d'Etat à la Défense et secrétaire national du parti pour les élections. Il n'a jamais été question que le président s'occupe des détails des municipales. Il n'a jamais demandé qu'on lui organise des meetings électoraux pour tel ou tel candidat. » Pour Marleix, les « déplacements thématiques » du chef de l'Etat, comme mardi à Bordeaux et Pau, n'ont pas de « finalité électoraliste ». Et d'insister : « Quel que soit le résultat de ces élections, la politique de réformes continuera. »

L'Elysée et l'état-major de l'UMP savent qu'ils n'échapperont pas à une analyse « nationale » des élections municipales. En 2001, la droite avait perdu Paris et Lyon, mais elle avait gagné 35 villes de plus de 30 000 habitants. Cette année, le cru s'annonce difficile. « Je pense qu'on va faire un mauvais score, confie un ministre d'ouverture. Mais si c'est le cas, la gauche aurait tort de croire à un retour en grâce, c'est simplement que les gens ne seront pas allés voter... »

Sources
Le Parisien

Posté par Adriana Evangelizt


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