En pleine tourmente politique, Nicolas Sarkozy se met au vert en Guyane

Publié le par Adriana EVANGELIZT

En pleine tourmente politique,

Nicolas Sarkozy se met au vert en Guyane

 

En chute libre dans les sondages, contesté au sein-même de sa majorité à un mois des municipales, Nicolas Sarkozy s'est offert lundi en Guyane une parenthèse "verte" au coeur de la forêt amazonienne, loin du tumulte politique métropolitain.

Sitôt son Airbus posé à Cayenne, il s'est plongé dans l'"enfer vert" à Camopi, au sud du département, un village amérindien "du bout de la France", à la porte des 3,3 millions d'hectares du plus grand parc naturel "européen".

Pour son premier déplacement outre-mer de président, Nicolas Sarkozy a ouvert sa suite à sept membres du gouvernement mais pas à son porte-parole David Martinon, resté à quai à Paris après le psychodrame électoral du week-end à Neuilly (Hauts-de-Seine).

Lâché par trois de ses colistiers, dont le propre fils du président Jean Sarkozy, M. Martinon a annoncé lundi son retrait de la course aux municipales dans le fief électoral du chef de l'Etat. Le porte-parole a également indiqué avoir présenté sa démission à Nicolas Sarkozy, qui l'a refusée.

A Camopi, le chef de l'Etat a refusé de répondre sur cette affaire aux journalistes qui pataugeaient avec lui dans la boue, reprenant à son compte le fameux "pas de commentaire" qui avait fait la notoriété de son porte-parole lors de son divorce avec Cécilia...

A plus de 7.000 km de la jungle électorale neuilléenne, le chef de l'Etat est resté concentré, au coeur de celle d'Amazonie, sur les questions d'environnement, de biodiversité et de développement durable.

Comme à chacun de ses séjours guyanais de ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy a dénoncé les ravages environnementaux de l'orpaillage illégal, et annoncé le lancement la semaine prochaine d'une opération d'envergure contre les "garimpeiros", les chercheurs d'or brésiliens.

Mille hommes, des renforts de métropole et de Guyane, des moyens inédits "d'observation et de transport aérien", le concours des gendarmes d'élite du GIGN, le président a promis que ce nouveau coup de pied dans la fourmilière durerait "le temps qu'il faudra".

"Si quelques irréductibles n'ont pas compris que la Guyane c'est la France, et que la France on la respecte, nous allons le leur faire comprendre. La terre de Guyane ne sera plus violée impunément", a-t-il lancé.

Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), 10 tonnes d'or sont extraites chaque année illégalement en Guyane, contre à peine 3 dûment déclarées. Les activités des "garimpeiros", largement armés, alimentent également l'insécurité.

Outre ce volet sécuritaire, Nicolas Sarkozy a plaidé pour un développement durable de la Guyane, justifiant son récent refus d'autoriser un projet de mine d'or à ciel ouvert à Kaw (est).

"Si j'avais laissé ce projet se faire, nous aurions porté atteinte de façon irrémédiable à un patrimoine naturel considéré comme unique", a justifié le chef de l'Etat, "ici, nous devons démontrer que nous sommes capables de concilier (...) le développement du territoire et le respect de notre planète".

Son "non" au projet, qui prévoyait la création de 900 emplois directs et induits dans une région où le taux de chômage atteint près du triple (20,2%) de la moyenne hexagonale, a suscité la colère des acteurs économiques locaux.

Au centre spatial de Kourou, Nicolas Sarkozy a plaidé en faveur d'une "stratégie spatiale raisonnée et cohérente" de l'Europe, passant notamment par une coopération accrue avec les Etats-Unis pour l'exploration de Mars.

"Il n'est pas question, je le dis pour la France et je le propose à nos partenaires européens, de réduire nos efforts ou nos ambitions dans le domaine de l'espace", a déclaré M. Sarkozy lors d'un discours prononcé depuis le salle de commandement Jupiter du centre spatial guyanais.

Mardi, le président ouvrira la page internationale de son séjour en accueillant en voisin son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, au bord du fleuve qui délimite la frontière entre les deux pays.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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