En Guyane, Lula traverse le fleuve et Sarkozy «des difficultés»

Publié le par Adriana EVANGELIZT

En Guyane, Lula traverse le fleuve

 et Sarkozy «des difficultés»

par Antoine Guiral

Crise. Sondages en baisse, embrouille à Neuilly, la visite du Président a viré au calvaire.


Reconnaître les difficultés pour tenter d’arrêter la fronde. Au dernier jour de sa visite en Guyane, hier, Nicolas Sarkozy a cherché à éteindre l’incendie dans sa majorité en appelant «au plus grand calme et au plus grand sang-froid». «Je ne crois pas que la fébrilité amène quoi que ce soit à la solution des problèmes», a-t-il ajouté. Plutôt osé pour celui qui, pris de panique à l’idée de perdre Neuilly, a liquidé son porte-parole, David Martinon, et ouvert une crise à droite. Le chef de l’Etat qui participait le long du fleuve Oyapock à une conférence de presse avec son homologue brésilien Lula a cherché à se montrer rassurant sur sa personnalité qui inquiète désormais les Français : «Je pense qu’on ne devient pas Président d’un pays par hasard. Il faut avoir traversé beaucoup de difficultés, surmonté beaucoup d’épreuves. Tous les présidents connaissent des moments plus ou moins faciles. Il semble qu’il y ait des difficultés en ce moment, il faut les affronter avec sang froid et humilité». Au passage, il a pris ses distances avec les municipales qu’il voulait politiser et d’éventuels mauvais résultats pour la majorité. «Il faut continuer à travailler, parce que moi, mon rendez-vous, c’est la fin de mon quinquennat», a-t-il indiqué.

En chute abyssale dans les sondages, le président cherche toujours la solution pour remonter la pente. Il a affirmé hier qu’il interviendrait très vite pour montrer qu’il tient la barre. «Après ou avant les municipales, j’aurai l’occasion de m’exprimer sur un certain nombre de sujets de façon à ce qu’il n’y ait pas de malentendus.»

Ces deux journées en Guyane et les quelques heures avec Lula auront été pour lui un calvaire. Crispé, d’humeur massacrante, il a été inaudible sur ses propositions pour ce territoire d’outre-mer. A Saint-Georges de l’Oyapock, la décontraction du président brésilien en chemisette blanche tranchait avec la tension qui habitait son homologue. A peine débarqué sur le sol français, Lula a volé la vedette à son hôte. Il a été acclamé par une foule scandant son nom, mais pas celui de Sarkozy. Il a aussi moqué les promesses des présidents français en rappelant que, depuis dix ans, «d’autres photos, d’autres discours ont été faits ici», sans que le pont qui sera construit (pour 2010 selon Sarkozy) entre les deux rives du fleuve ne soit réalisé. Ce voyage a enfin illustré les tensions entre la presse et Sarkozy qui avait pour habitude de la cajoler en multipliant les conversations informelles. «Vous n’avez pas été gentils, vous êtes punis», a lancé lundi soir aux journalistes la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie.

Sources Libération

Posté par Adriana Evangelizt


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