Sarkozy et les parrainages d’enfants Juifs ? Ridicule et indécent !

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Sarkozy et les parrainages d’enfants Juifs ? 

Ridicule et indécent !

par Raphaël Anglade

Donc un matin M. Sarkozy se lève en panne de sondage.

Que faire ?

Il faudrait une idée pleine de bons sentiments, émouvante, pleine de pathos... Et si possible un machin qui fusille l’opposition. Un truc contre lequel on ne pourrait rien dire. Des enfants ? Pas mal les enfants. Mais on a déjà fait plein de trucs sur la pédophilie, et en plus il n’y a pas de résultats. Il faudrait autre chose...

Bon sang, évidemment ! Les enfants Juifs ! J’imagine d’ici le conseiller. « Vous n’y songez pas, Monsieur le Président ? » Mais si, il y songe.

Voilà, c’est décidé. le Président a décidé. A la rentrée prochaine, tous les enfants de dix ans vont devoir parrainer un enfant Juif Français mort pendant la Shoah. Il y en a en 11 000, vous vous rendez compte ?

Je ricane, mais le coeur gros. Car cette affaire oscille entre le ridicule et le dégueulasse. J’exagère ? Il faudrait lui laisser le bénéfice du doute ?

Non, je n’exagère pas. Non, le doute n’est plus permis.

D’abord parce que s’il avait eu un tant soi peu de respect pour ces enfants, pour cette mémoire, M. Sarkozy n’aurait osé évoquer cette tragédie qu’avec crainte et tremblement. Il aurait consulté la communauté juive, les historiens, les psychologues, les pédagogues. Au lieu de quoi il déboule avec son "rien n’est plus émouvant que..." et ses faux bons sentiments qui n’abusent plus personne.

C’est comme avec ce pauvre Guy Môquet (à ce propos, je ne saurais trop vous conseiller le remarquable petit ouvrage, improprement qualifié de Pamphlet par l’éditeur : Guy Môquet au Fouquet’s, de Pierre Louis Basse). S’il avait eu un minimum de respect pour le fusillé de Chateaubriant, le Président aurait peut-être songé à parler de son engagement communiste, de son rêve de révolution. Peut-être même aurait-il songé à inviter les familles aux cérémonies qu’il organisa pour les caméras.

Ca recommence. Et l’année prochaine, nous aurons un autre fait du Prince. Un enfant exotique, sans doute, cette fois...

Il s’en moque.

Il ne devrait pas, d’ailleurs, et il devrait commencer par examiner son propre comportement. Les dérapages d’essence raciste (les « géants noirs des banlieues » qui terrorisent les vieilles dames, par exemple, ou « l’homme africain » toujours pas entré dans l’Histoire), la banalisation récurrente de la Shoah, soulignée par de nombreux analystes du dérapage de Carla Bruni (dérapage, rappelons-le, qui a passé le filtre de moults conseillers en communication de l’Elysée), cette pensée naturaliste qui veut faire de toute supposée déviance un phénomène génétique, c’est tout cela qui pue et que le Président devrait travailler avant de se mêmer de jouer avec les grenades de la mémoire.

Et puis il y a des enfants. les miens ont 6 et 8 ans. Ils sont intelligents, curieux, ouverts et tolérants. Dans deux ans, le grand va devoir parrainer un enfant mort ? Comment va-t-il le vivre ? Va-t-il culpabiliser ? Fantasmer ? Paniquer ? Je ne sais pas mais de toutes façons ceci n’arrivera pas. je m’y opposerai avec la dernière énergie.

Mais imaginons un enfant. un autre. L’enfant de l’un des derniers sarkozystes, par exemple. A cet âge mystique, je l’imagine vivre intensément cette responsabilité et cette culpabilité ainsi transférées. L’éprouver durement. En être atteint. Et puis grandir. Devenir un adolescent révolté. Rejeter ceci en même temps que la religion, les parents et les naïvetés de l’enfance. Crâner en blasphémant le souvenir de cet enfant qu’on a voulu lui affecter de force. Ricaner à l’âge des cigarettes clandestines.

Si le délire présidentiel se réalisait, il provoquerait l’effet contraire de celui prétendument visé.

Qu’il se taise, donc, ce M. Sarkozy. Qu’il travaille enfin à ce pourquoi il a été élu. Qu’il combatte le chômage, la misère, l’injustice et même l’insécurité puisqu’il s’y prétend compétent. Mais qu’il cesse, grand Dieu, de vouloir jouer avec la mémoire de la France.

Il n’est pas du niveau, visiblement.

Sources Betapolitique

Posté par Adriana Evangelizt


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