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Mardi 8 mai 2007

Machine à voter, machine à truquer



Les scrutins présidentiel et législatifs de 2007 en France risquent de donner lieu à une polémique qui pourrait être aussi intense que lors de l’élection de George W. Bush à la présidence des États-Unis en 2000. On se rappelle que les plaintes et recours avaient afflué de tout le pays, que le dépouillement avait duré plus d’un mois, puis que la Cour suprême avait désigné George W. Bush en ordonnant la suspension du recompte des bulletins. Ce désordre était en grande partie dû à l’utilisation de machines à voter. Depuis, de nombreuses études menées par des laboratoires de recherches, des commissions gouvernementales et des commissions d’experts indépendants jettent le doute sur la sincérité des scrutins dans lesquels des dispositifs de votes électroniques sont utilisés. De telles machines seront utilisées dans de nombreuses circonscriptions françaises lors des élections présidentielle et législatives de 2007. Au risque de mettre en doute la légitimité des nouveaux élus.

On se souvient que l’élection de George W. Bush à la présidence des États-Unis en l’an 2000 s’avéra frauduleuse.

L’un des moyens systématiques de triche alors mis en place pour lui garantir le pouvoir était l’utilisation des machines à voter. Il s’agissait d’invalider une partie des votes dans des bureaux habituellement démocrates, en s’appuyant sur des « erreurs » des machines. À l’époque, une partie de ces machines était équipée d’un système mécanique de perforation des bulletins dont le mauvais fonctionnement assura la non-élection d’Al Gore. par la suite, l’ex-président Jimmy Carter, co-président de la commission bipartisane sur la réforme des procédés de scrutin, déclara publiquement que les électeurs avaient en réalité choisi Al Gore [1]

Alors que les machines sont présentées comme augmentant la rapidité et la fiabilité des résultats, il s’ensuivit un mois de troubles durant lequel personne ne savait qui était le nouveau président élu. Les candidats opposaient procédures à procédures, l’un afin de faire recompter manuellement les voix, l’autre afin d’empêcher ce recomptage. Le résultat de l’élection fut finalement renvoyé devant la Cour suprême contrôlée par des juges proches de George Bush père – qui désignèrent sans surprise son fils comme 43e président des États-Unis. Grâce à sa systématisation, l’utilisation de machines avait permis la plus grande fraude électorale de l’histoire. [2]

À titre d’exemple, citons le Washington Post du 7 novembre 2000 : « Une chose très étrange est arrivée à Deborah Tannenbaum, qui représentait le parti démocrate dans le comté de Volusia durant cette nuit d’élection. À 22 h, elle avait appelé le bureau du comté chargé du décompte et on lui avait appris qu’Al Gore devançait George Bush par 83 000 voix contre 62 000. Mais quand elle consulta, une demi-heure plus tard, le site Internet du comté pour une mise à jour de ses chiffres, elle découvrit un résultat surprenant : le score de Gore avait baissé de 16 000 voix. »

L’erreur venait du bureau 216 du comté de Volusia, qui compte 585 inscrits. La machine à voter annonçait que 412 des inscrits étaient venus voter, un pourcentage habituel. Le problème est que la machine annonçait que ces 412 votants avaient exprimé 2 813 voix pour George Bush – ainsi que 16 022 voix négatives à Al Gore.

Aux États-Unis toujours, en novembre 2003, dans le comté de Boome (Indiana), un ordinateur de vote enregistra 144 000 votes alors qu’il n’y avait que 19 000 électeurs. En octobre 2004, dans le Dakota du Nord, les codes-barres lus par les machines à voter censés coder un « oui » et un « non » lors d’un référendum donnaient tous les deux un « non ».

Généralisation de la fraude électorale

Ce système de triche fut rapidement perfectionné par la généralisation des ordinateurs de vote à de nombreux États. À chaque scrutin, les plaintes, recours et demandes d’annulation affluent. Lors des élections parlementaires de mi-mandat, le 7 novembre 2006, l’ONG VotersUnite a recensé plus de 250 incidents à travers le pays. Le Congrès avait pourtant dépensé plus de 3 milliards de dollars pour remettre à jour les équipements, après les problèmes de comptage des voix constatés depuis l’élection présidentielle en 2000.

Un faisceau d’éléments semble, en fait, montrer que la principale utilité des machines à voter est de faciliter la fraude électorale. L’exemple de l’élection du sénateur républicain du Nebraska Charles Hagel est édifiant.

Sa première élection au sénat, en 1996, fit sensation tant elle allait à l’encontre des sondages qui donnaient son adversaire démocrate loin devant. L’explication de cette élection surprise fut apportée bien des années après par la responsable de l’ONG BlackBoxVoting, Bev Harris, qui révéla qu’avant d’être sénateur, Charles Hagel avait été actionnaire, président et directeur du fabricant d’ordinateurs de vote ES&S. Cette société compte environ 60 % des bulletins des États-Unis et constitue l’une des trois marques homologuées en France. Lors de son élection surprise, les bureaux de vote de sa circonscription étaient équipés d’ordinateurs de vote… ES&S.

Devant un exemple aussi flagrant de conflit d’intérêts entachant la légitimité de l’élection, le comité d’éthique du Sénat fut saisi. Dans une décision qui fit scandale, il finit par confirmer M. Hagel – qui avait acquis un rôle politique clef puisqu’il contrôlait potentiellement l’élection de plus de la moitié des élus – dans sa fonction de sénateur et, afin d’éviter la réédition de ce genre de problème… modifia la règle régissant le conflit d’intérêt.

La supériorité des ordinateurs de vote sur les vieilles machines à voter à perforation est incontestablement que la majorité d’entre eux ne permettent pas le recomptage des voix, puisque tout est électronique et qu’il n’y a pas de bulletin. Ce qui évite de longues batailles juridiques.

Une étrange société du nom de VoteHere joua d’ailleurs un rôle prépondérant dans l’installation systématique des ordinateurs de vote aux États-Unis. Malgré sa taille réduite, elle dépensa plus d’argent que les trois fabricants d’ordinateurs de vote réunis, ES&S, Diebold et Sequoia, pour promouvoir le vote électronique. Le fait que Robert Gates, remplaçant de Donald Rumsfeld au poste de secrétaire à la Defense, ait été l’un des directeurs de VoteHere accroît la suspicion légitime contre les ordinateurs de vote.

Rappelons pour mémoire que Robert Gates fut embauché par la CIA lors de son cursus universitaire et devint analyste spécialisé en « soviétologie ». Il navigua entre l’Agence et le Conseil de sécurité nationale jusqu’à devenir, en 1991, directeur de la CIA. Au sein de l’agence, il organisa ou participa à de nombreuses opérations de manipulation de l’opinion publique telles que l’imputation erronée de la tentative d’assassinat de Jean-Paul II au KGB via la « filière bulgare » [3].

Nicolas Sarkozy autorise les ordinateurs de vote en France

En France, le ministère de l’Intérieur – alors dirigé par Nicolas Sarkozy – a autorisé l’utilisation des ordinateurs de vote par l’arrêté du 17 novembre 2003. Les modèles agréés sont le modèle « ESF1 » de la société Nedap-France élection, le modèle « iVotronic » de la société ES&S Datamatique et le modèle « Point & Vote » de la société Indra Sistemas SA. Ils ont été utilisés à partir de 2004. Lors des élections européennes, une quarantaine de villes les ont utilisées dont Marseille, Nice, Dijon, Rennes et Grenoble. Lors de l’élections présidentielle de 2007, 82 villes ont eu recours aux ordinateurs de vote, ce qui représente 1,5 millions d’électeurs.

Cependant, l’arrivée en France des ordinateurs de vote se base sur une interprétation litigieuse du terme « machines à voter » introduit dans le code électoral en 1969, époque où les ordinateurs n’existaient pas et où ce terme désignait une machine mécanique que les autorités essayaient de mettre en place pour réduire le taux de fraude électorale en Corse. La fiabilité de cette machine dans laquelle aucune électronique n’intervenait était sans commune mesure avec celle des ordinateurs de vote actuels.

De nombreuses études menées par des informaticiens, ou avec leur concours, se sont posées la question de savoir si l’utilisation du vote électronique était neutre ou si elle pouvait introduire des biais contraires aux critères de sincérité, confidentialité, transparence, unicité et anonymat du scrutin. Les études indépendantes se concluent toutes par l’émission de sérieuses réserves.

En septembre 2006, le département informatique de la prestigieuse université de Princeton a, par exemple, rendu publique une étude sur la sécurité des machines à voter. Les chercheurs ont analysé une des machines présente dans les bureaux de vote aux États-Unis, la Diebold AccuVote-TS. Leurs conclusions sont, sur les points principaux, transposables à l’ensemble des ordinateurs de vote présents sur le marché électoral du fait de leurs similitudes de fonctionnement.

D’après le professeur Felten, membre du laboratoire, les défis techniques nécessaires pour rendre fiable le vote électronique sont « très difficiles voire impossibles à relever ». L’étude stipule : « À la lumière des procédures réelles d’élection, l’analyse de la machine montre qu’elle est vulnérable à de très graves attaques. Par exemple, une personne qui obtient un accès physique ne serait-ce que pendant une minute à la machine ou à sa carte mémoire, peut y installer un programme pirate ; un tel programme peut voler des voix de manière indétectable, modifier les enregistrements, journaux et compteurs de sorte qu’ils soient en accord avec les faux résultats qu’il vient de créer. Une telle personne mal intentionnée peut également créer un programme qui se répand silencieusement et automatiquement durant le cours normal des activités électorales – un virus de vote. Nous avons procédé à des démonstrations de ces attaques dans notre laboratoire. »

Le logiciel pirate peut être installé aussi bien par un employé du fabricant, du vendeur ou loueur, que par le transporteur ou toute personne ayant accès au lieu de stockage des machines ou à ces même machines le jour du vote.

Dans le cas de figure précédent, il est facile de faire en sorte que le programme pirate installé sur la machine vole les voix à l’un des candidats pour les donner à un autre — sans que cela soit détectable ni que l’on puisse ultérieurement recompter les bulletins. Il n’y aurait ainsi aucun moyen de détecter la fraude électorale.

De même, on peut aisément programmer l’ordinateur pour qu’il répartisse les voix au profit d’un parti plutôt que d’un candidat, qu’il truque les votes sur certaines élections seulement, qu’il assure un certain pourcentage final ou, au contraire, qu’il vole un certain pourcentage des voix adverses et ainsi de suite.

« Le décompte des votes se fera correctement, le total des votes exprimés se fera correctement, et les journaux internes de la machine ainsi que ses compteurs seront en accord avec les résultats annoncés — mais les résultats seront frauduleux. »

D’après l’étude, les failles de la machine « sapent la fiabilité et la crédibilité des élections dans lesquelles elle est utilisée. Les chercheurs en informatique se sont toujours montrés sceptiques envers les systèmes de vote de type Direct Recording Electronic (DRE, le type d’ordinateurs de vote présents en France) qui sont essentiellement constitués d’ordinateurs personnels sur lesquels tournent des logiciels conçus pour les élections. L’expérience de toute sorte de systèmes informatiques montre qu’il est extrêmement difficile de garantir la fiabilité et la sécurité de logiciels complexes ou de détecter et diagnostiquer les problèmes quand ils arrivent. Pourtant les DRE reposent fondamentalement sur le fonctionnement correct et sécurisé de logiciels aux programmes complexes. Pour le dire simplement, de nombreux chercheurs en informatique doutent que des ordinateurs de vote sans impression papier simultanée puissent être fiables et sûrs. Et ils s’attendent à ce que les failles de tels systèmes restent indétectables. »

La procédure de vote à l’aide d’un ordinateur dont le résultat est invérifiable, et qui est entièrement contrôlé par une entreprise privée peut être représentée par une analogie : il faut imaginer que le vote se déroule selon la procédure habituelle à l’aide de bulletins papier, mais que le dépouillement des bulletins soit réalisé par une entreprise privée qui emporterait les bulletins, sans que quiconque puisse contrôler ce dépouillement, et qu’il soit impossible d’obtenir les bulletins afin d’effectuer une vérification.

Cela peut être analysé comme une confiscation du contrôle du vote qui échappe alors aux citoyens pour être confié à une entreprise privée.

Opposition de la population

En France, alertée par des associations, des informaticiens et un documentaire vidéo faisant la démonstration d’une fraude, la population est très majoritairement opposée à l’utilisation d’ordinateurs de vote. À titre d’exemple, une pétition demandant le retrait des machines a recueilli en quelques semaines plus de 80 000 signatures.

Le 22 avril 2007, le premier tour de l’élection présidentielle n’a pas été pour rassurer les électeurs : alors que les ordinateurs de votes sont présentés comme rendant plus rapides les élections, de nombreux électeurs ont été contraints de faire de longues queues devant les machines — et certains bureaux ont été amenés à fermer après l’heure légale du fait des difficultés rencontrées ; alors que les ordinateurs de vote sont présentés comme apportant plus de garanties que les urnes transparentes traditionnelles, de nombreuses personnes ont dû se faire aider dans l’expression même du vote — remettant en cause la confidentialité du scrutin. Sans parler des différences constatées entre les voix exprimées par la machine et les émargements…

D’autres problèmes ont été soulevés. Ils concernent les agréments des machines présentes dans les bureaux de vote. Sous la pression d’associations et d’élus de l’opposition, ES&S a dû remplacer dans l’urgence – à trois jours du scrutin – la quasi-totalité de ses machines, manifestement non conformes à l’agrément du ministère de l’Intérieur. Le logiciel installé dans les ordinateurs datait de janvier 2007, date postérieure à l’agrément. Cette différence entre le logiciel autorisé et le logiciel installé laissait la porte ouverte à toutes les interprétations…

Les ordinateurs Nedap (France élection), qui représentent 80 % des machines présentes dans les bureaux de vote, ont quant à eux un autre problème. Ils ne sont pas équipés d’horloge interne, comme en atteste le site Internet de France élection. [4] Or l’arrêté du 17 novembre fixe parmi les exigences de conception des machines qu’elles possèdent une horloge interne.

« Exigence 46 : La machine à voter doit comprendre une horloge interne qui permette de dater les divers événements et comptes-rendus mémorisés au cours d’un scrutin. Les données heure-minute-seconde doivent pouvoir être ajustées par les membres du bureau de vote avant l’ouverture du scrutin. Un dispositif complémentaire, interne à la machine, doit permettre d’enregistrer et de dater tous les événements, qu’il s’agisse d’actions effectuées durant ou hors d’un scrutin, de manière à garder une trace de toutes les interventions sur la machine et d’en vérifier l’imputabilité en cas de contrôle ou de contentieux. »

Là encore, ces ordinateurs de vote ne sont donc pas conformes à l’agrément et ne devraient pas être utilisés lors des élections en France. Ils équipent pourtant 1 500 bureaux de vote dans 70 villes.

Des recours devant le tribunal administratif déposés avant le premier tour de l’élection présidentielle ont tous été déboutés. Interrogé par Le Monde informatique Gilles Guglielmi, professeur de droit public à Paris II, livre son analyse : « Le tribunal dit : "l’irrégularité existe mais au vu de l’urgence, ce n’est pas suffisamment important pour que je règle le problème à mon niveau". Or, explique Gilles Guglielmi, il faut comprendre : "c’est trop compliqué pour moi, ça dépasse le ressort territorial de Boulogne ou d’Issy, il vaut mieux que ce soit le Conseil d’État qui tranche le problème". De fait, estime le professeur, "il s’agit presque d’une incitation à faire appel. " »

Pour les élections présidentielle et législatives de 2007, 1.5 millions d’électeurs voteront sur un ordinateur. Vu les doutes exprimés par les informaticiens et les problèmes de conformité au code électoral des machines, les partis politiques démocrates, et singulièrement les candidats, s’ils ne veulent pas être suspectés de fraude seraient bien inspirés d’obtenir la suspension de l’utilisation des ordinateurs de vote en France.

[1] « Jimmy Carter déclare qu’Albert Gore a été élu président des États-Unis en 2000 », Réseau Voltaire, 27 septembre 2005.

[2] Démocratie-Business, par Greg Palast, Éditions Timeli, 2006.

[3] Voir l’article « L’OTAN : du Gladio aux vols secrets de la CIA », par Ossama Lotfy, Voltaire, 24 avril 2007.

[4] « Questions/Réponses », La machine à voter Nedap, alinéa 9, mars 2007, Grégoire REYNS, France Election.

Sources Réseau Voltaire

Posté par Adriana Evangelizt


par Adriana EVANGELIZT publié dans : Elections risque de truquage
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Samedi 10 février 2007

Article excellent et l'on comprend bien que le vote électronique est fort manipulable car il n'y a aucune transparence. Or deux des trois machines agréées par le ministre de l'Intérieur voit leur fiabilité sérieusement mise en cause. Ainsi au Québec, 45 000 45.000 votes ont été enregistrés par erreur à deux reprises. Imaginez si cela fait cela dans plusieurs villes, comment contrôler ? Sarko sait ce qu'il fait, n'en doutons pas.

Vote électronique: progrès ou péril démocratique?

Par Philippe Astor
ZDNet France
18 octobre 2006

Des experts s’expriment pour mettre en garde contre le déclin démocratique que représenterait le déploiement prématuré de machines à voter électroniques en France. Absence de transparence technique et manque de fiabilité sont dénoncés.

Toutes les communes françaises de plus de 3.500 habitants peuvent, conformément à l'article L 57-1 du code électoral, utiliser des machines à voter électroniques lors des scrutins.

Quelque 1.200 de ces machines équipent déjà plus de 800 bureaux de vote dans une cinquantaine de villes qui, comme Brest, le Havre ou Bourges, les ont totalement ou partiellement déployées. Ces chiffres auront probablement doublé d'ici 2007; c'est donc un à deux millions d'électeurs français qui les utiliseront lors de l'élection présidentielle.

Trois modèles ont été agréés par le ministère de l'Intérieur: l'iVotronic de la société ES&S Datamatique; la version 2.07 d'une machine fabriquée par la société NEDAP-France Election; et le modèle Point & Vote de la société Indra Sistemas.

Pourtant leur fiabilité est sérieusement mise en cause dans de nombreuses études. Gênant, d'autant que selon Chantal Enguehard, maître de conférences en informatique au LINA et auteur d'un rapport (1), «à aucun moment l'électeur ne peut vérifier que son vote a été effectivement bien noté [...] ni participer au dépouillement puisque l'ordinateur le réalise en toute opacité sans qu'il soit possible de vérifier ses résultats.»

Des incidents référencés dans dix pays

Une raison qui semble suffisante pour renoncer, provisoirement, à les utiliser puique c'est faire le deuil de la transparence de notre mode de scrutin. Mais le ministère de l'Intérieur continue de promouvoir leur déploiement, sûr de leur infaillibilité. Il a ses raisons qu'énumère Chantal Enguehard : «On use de l'argument de "modernisation" de la vie politique, on vante la rentabilité (le coût des élections serait diminué), l'augmentation assurée du taux de participation, et la fiabilité des systèmes de vote électronique (la fraude serait quasi impossible), sans qu'aucun de ces critères ne soit prouvé.»

De nombreux incidents, mettant en cause au moins deux des trois machines homologuées en France, ont déjà eu lieu dans la dizaine de pays qui procèdent largement au vote électronique. Ainsi lors des élections municipales de Montréal au Québec, en novembre 2005, près de 45.000 votes ont été enregistrés par erreur à deux reprises et de nombreux problèmes de transmission des résultats par voie électronique sont survenus après la fermeture des bureaux de vote.

Début octobre, la fondation néerlandaise "Nous ne faisons pas confiance aux machines à voter" a publié un rapport (2) qui détaille comment des personnes peuvent prendre, avant les élections, le contrôle à distance d'une machine à voter de Nepad. et modifier le résultat du scrutin. Une machine agréée en France et qui équipe 90 des bureaux de vote aux Pays-Bas. «Compromettre le système nécessite seulement de remplacer un simple composant de la taille d'un timbre poste et s'avère impossible à détecter», écrivent les auteurs.

Aux États-Unis, trois chercheurs de l'université de Princeton ont publié mi-septembre un autre rapport (3) dans lequel ils expliquent comment ils sont parvenus à truquer les résultats d'une machine à voter Diebold, le numéro un du marché américain. «Le système requiert une confiance aveugle, car il produit un résultat officiel d'élection qui ne peut pas être vérifié indépendamment», expliquent-ils.

Un déploiement réalisé au rythme de la logique marchande

Plusieurs entreprises se sont emparées de ce nouveau marché potentiellement très juteux et exercent un très fort lobbying auprès des gouvernements. «Le discours de type managérial a progressivement remplacé les réflexions de type politique ou administratif», constate Chantal Enguehard. Cette logique commerciale induit que, sous prétexte de protection de leurs secrets industriels, les acteurs de ce marché ne divulguent pas le fonctionnement de leurs machines à voter, ce qui interdit leur inspection par des experts indépendants.

De nombreuses voix exigent qu'elles recourent à l'avenir à des logiciels libres dont le code source pourra être examiné.

En France, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) préconise «la transparence par le recours systématique à l'expertise indépendante [et] l'accès au code source des logiciels». Mais les élus locaux font la sourde oreille et continuent de vanter les mérites de ce nouveau système de vote. Ils pourraient pourtant méditer le cas irlandais.

Dès 2000, le gouvernement irlandais a cherché à informatiser ses élections, puis a généralisé l'utilisation des machines à voter dans tout le pays pour les élections européennes de 2004. Il a finalement abandonné son programme en raison des déboires rencontrés, et n'a pas hésité à passer par pertes et profits l'investissement de 50 millions d'euros consenti pour déployer 7.500 machines.

Ce n'est pas tant le principe de la machine à voter qui est remis en cause, que la manière dont il est envisagé d'y recourir, dans une absence totale de transparence démocratique.

(1) "Le vote électronique en France: opaque & invérifiable" , Chantal Enguehard du laboratoire informatique de Nantes Atlantique, juillet 2006
(2)
"Voting computer: a security analysis", Rop Gonggrijp, Willem-Jan Hengeveld, etc., octobre 2006
(3) 
"Security Analysis of the Diebold AccuVote-TS Voting Machine", Ariel J. Feldman, J. Alex Halderman et Edward W.
Felten, septembre 2006

Voir aussi le magazine 8-Fi - Vote électronique: élections au suffrage virtuel?  (15/10/06)

Sur le même sujet

Sources Znet

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana EVANGELIZT publié dans : Elections risque de truquage
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Samedi 10 février 2007

Alors quand on apprend que c'est  le Bureau Veritas qui contrôle soit disant les machines et cette organisation appartient à 92% à l'illustre Baron Seillières, grand pote de Sarko, on ne se fait aucune illusion sur la fiabilité des dites machines. Le Ministère de l'Intérieur ne veut même pas fournir l'accès au rapport en donnant comme prétexte que cela enfreindrait le secret industriel. Ben voyons...

La transparence des élections françaises

se décide-t-elle au Nebraska ?

Quand on pose à une municipalité la question de la sécurité des machines à voter, une réponse très fréquente est que celle-ci est agréée par Bureau Veritas. Nous avons naturellement cherché à en savoir plus.

Bureau Veritas et son concurrent Ceten-Apave sont appelés “organismes d’inspection”. Leur rôle est de vérifier si une machine à voter est conforme aux exigences répertoriées dans un document appelé « règlement technique fixant les conditions d’agrément des machines à voter ». Cela amène rapidement à deux interrogations :

  1. Un seul exemplaire de la machine (ou peut-être quelques uns) est examiné lors de la procédure d’agrément. Cet agrément porte donc sur un modèle de machine, et non pas sur chaque exemplaire fabriqué. Quel mécanisme garantit qu’ils soient tous identiques, et qu’ils le restent tout au long de leur existence ?
  2. Ces exigences sont-elles sévères ? En effet, on ne demande pas à ces organismes d’évaluer globalement la sécurité, mais de répondre à une série de questions très précises. Ces questions ont-elles été bien posées ?

La réponse à la première interrogation est qu’il n’y a pas de mécanisme sérieux assurant que toutes les machines soient identiques au modèle agréé. Le fabricant Nedap/France-Élection prétend pourtant y parvenir : nous estimons qu’il s’agit d’une duperie. Savoir ce qu’il y a réellement dans un ordinateur est extrêmement difficile sans le désosser totalement [1].

La deuxième interrogation nous a amené à examiner le “règlement technique”, disponible sur le site internet du Ministère de l’Intérieur . Son examen nous a révélé ses faiblesses. Il répond avant tout aux besoins des municipalités : fiabilité de l’électronique, longévité et facilité d’utilisation. Il ne semble pas vraiment prendre en compte que l’essentiel est le logiciel intégré : il pourrait presque aussi bien s’appliquer à un équipement purement électronique [2]. Les questions étaient donc bien mal posées.

Nous avons néanmoins cherché à connaitre les réponses à ces questions, c’est à dire le rapport rendu par Bureau Veritas ou Ceten-Apave au Ministère de l’Intérieur. Ce dernier a en effet la responsabilité de délivrer juridiquement l’agrément, sous la forme d’un arrêté. Quand nous l’avons interrogé, le Ministère nous a dit se fier entièrement aux conclusions de ces rapports.

Nous avons demandé au Ministère de l’Intérieur l’accès aux rapports concernant les diverses machines agréées (Nedap, Indra, ES&S iVotronic), au mois d’août 2005. Une première réponse fût que cela enfreindrait le secret industriel.

Le Ministère a ensuite décidé de consulter les acteurs intéressés : les fabricants et leurs importateurs, ainsi que les organismes d’inspection. Ceten-Apave a posé la condition que ses méthodes de travail ne soient pas exposées à la vue de ses concurrents. Cela rendait donc impossible la publication intégrale par notre site. Nous avons donc signé un document dans ce sens, négociant toutefois un droit de citation.

Malheureusement, un veto est ensuite arrivé par delà l’Atlantique, plus précisément du Nebraska, où se situe le siège d’ES&S, fabricant de la machine iVotronic. Le Ministère de l’Intérieur nous a alors surpris en décidant que faute de consensus de tous les acteurs, aucun rapport ne pouvait nous être communiqué.

Puis le Ministère de l’Intérieur a demandé conseil à la CADA (Commission d’Accès aux Documents Administratifs). Celle-ci a rendu sa décision le 26 janvier 2006, refusant la communication au motif que cela violerait le “secret industriel et commercial”et “pourrait compromettre le bon déroulement des élections”.

Ce dernier point est totalement surréaliste : l’intégrité de nos élections dépend-elle maintenant de la qualité de la serrure du placard dans lequel sont enfermés ces rapports ?

Un recours devant le Conseil d’Etat est en préparation.

Lors de ces démarches, nous n’avons pas senti d’hostilité de la part du Ministère de l’Intérieur. Le contraste est net avec le Ministère des Affaires Étrangères, que nous avons contacté à l’occasion du vote par Internet de l’AFE de juin 2006.

Veuillez nous pardonner le titre de cet article un peu “choc”, choisi pour attirer votre attention sur ce qui n’est finalement qu’une série de démarches administratives rébarbatives.

[1] Ce texte d’Andrew W. Appel, professeur d’informatique à l’université de Princeton, démontre cela point par point : Summary of testimony before N.J. State Senate. Du même auteur : une démonstration similaire et plus détaillée.

[2] L’exigence n° 45 du Règlement technique, une des rares à se préoccuper de sécurité informatique, est : “Les programmes [...] doivent être [...] stockés sous forme inaltérable.”. Les machines Nedap/France‑Élection nous paraissent en violer l’esprit : les mémoires contenant le logiciel peuvent être considérées comme inaltérables (bien que ce soient des EPROMs, on ne peut pas les reprogrammer par le biais de la machine), mais elles sont amovibles. Les machines Indra nous semblent n’en respecter ni l’esprit ni la lettre : le logiciel est placé sur un disque dur, équipement dont on peut par principe changer facilement le contenu.

Sources : Recul démocratique

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana EVANGELIZT publié dans : Elections risque de truquage
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Samedi 10 février 2007

Déjà le Ministère de l'Intérieur donc le Ministre a donné son autorisation pour trois marques de machines -l'iVotronic d'ES&S, une machine fabriquée par la société NEDAP-France Election- dont deux sont états unienne et la troisième espagnole mais fortement en connexion avec les US notamment en ce qui concerne les équipements sur Airbus 400. Au sujet de NEDAP-France Election lire la lettre qui a été adressée au Ministère de l'Intérieur sur leurs ordinateurs de vote fraudable. Quant à la machine iVotronic d'ES&S, c'est de la même veine, personne ne peut vérifier son vote. On voit de loin arriver la manipulation pour nos élections, il n'y a pas de problème.

 

Présidentielle 2007: vote électronique obligatoire

 à Issy-les-Moulineaux

Par Christophe Guillemin
ZDNet France


6 février 2007

Présidentielle 2007 - La commune des Hauts-de-Seine passe définitivement au vote électronique. Ses électeurs, préparés depuis 1995, utiliseront une soixantaine de machines à voter dès l?élection présidentielle.

La ville d'Issy-les-Moulineaux a bouclé son appel d'offres pour équiper ses  bureaux de vote en machines électroniques. Les électeurs de la commune d'André Santini utiliseront désormais exclusivement ce dispositif dans le cadre des prochaines élections, à commencer par la présidentielle 2007. 

«Il n'y aura pas d'autre choix car le code électoral impose un seul système dans un même bureau de vote: soit l'urne papier classique, soit les machines à voter», explique à ZDNet.fr, Eric Legale, chargé des nouvelles technologies à la mairie d'Issy-les-Moulineaux. La commune a donc fait le choix de généraliser le dispositif à l'ensemble de ses  quarante bureaux de vote.

Pourquoi Issy-les-Moulineaux a fait le choix du vote électronique? «Dans une ville où les trois quarts de la population disposent d'internet à la maison, il aurait été aberrant que le maire ne suive pas l'évolution du numérique», poursuit Eric Legale.

Des économies de temps et d'argent

La mairie met en avant plusieurs avantages, dont le premier tient dans la réalisation d'«économies de temps et d'argent». «Avec la machine à écran tactile, le dépouillement ne s'opérera plus qu'en quelques secondes contre trois heures ou plus lors d'élections traditionnelles», indique la commune.

Le gain financier se fera «sur le long terme», assure la mairie sans plus de détails. Le coût des machines, de l'ordre de 300.000 euros, devrait être amorti dans les cinq ans. Après la présidentielle, elles seront utilisées pour six autres élections jusqu'à la présidentielle 2012.

Autre argument, le système est accessible aux aveugles et malvoyants grâce à un système de casque audio et une navigation en braille. «Il est également accessible aux handicapés moteurs car la machine peut être déposée sur les genoux de l'électeur».

Enfin, côté sécurité, «la machine à voter électronique garantit un niveau de sécurité maximum grâce à un système d'exploitation propriétaire et donc non piratable, à plusieurs mémoires indépendantes et à un dispositif de scellement de la machine avant et après les élections». Les machines ne sont pas en réseau, et le comptage se fait appareil par appareil.

Un dispositif très critiqué

Issy-les-Moulineaux a entamé ses premiers tests en 1995, et depuis Eric Legale souligne que les mentalités ont évolué et que les retours sont de plus en plus positifs. «Le dispositif est surtout aujourd'hui critiqué par les informaticiens qui mettent en avant le fait que le risque zéro n'existe pas. Mais le système traditionnel ne garantit pas un meilleur déroulement du vote que ces machines», conclut le responsable.

«Cette technologie n'a pas fait ses preuves», rétorque à ZDNet.fr, Benoît Sibaud, président de l'Association pour la promotion et la recherche en informatique libre (April) et habitant d'Issy-les-Moulineaux.

Il rappelle notamment que des chercheurs de l'université de Princeton ont publié en septembre 2006 un rapport dans lequel ils expliquent être parvenus à truquer les résultats d'une machine à voter Diebold, le numéro un du marché américain.

«Au-delà de la technique, le problème est simplement que les électeurs ne peuvent vérifier le bon déroulé du scrutin, car ils n'ont pas les compétences techniques pour le faire. Avec l'urne papier transparente, n'importe quel citoyen peut vérifier que son vote a été noté et peut participer au dépouillement, ce qui est plus démocratique», poursuit Benoît Sibaud. Il pointe également du doigt le fait que le ministère qui octroie les agréments des machines est dirigé par un des candidats. 

Une cinquantaine de villes équipées

Issy-les-Moulineaux n'est pas la seule commune à avoir adopté les machines électroniques. C'est également le cas d'une cinquantaine de villes dont Saint-Malo, Meylan, Noisy-le-Sec, Le Mans, Brest, le Havre ou Bourges, qui ont partiellement ou totalement déployé 1.200 machines dans plus de 800 bureaux de vote.

Trois modèles ont été agréés par le ministère de l'Intérieur: l'iVotronic d'ES&S, une machine fabriquée par la société NEDAP-France Election; et une autre de la société espagnole Indra Sistemas. Leur fonctionnement est similaire.

Contacté par ZDNet.fr, le ministère n'a pas été en mesure de fournir une liste exhaustive des villes qui ont fait le choix du  vote électronique, que ce soit en test ou définitivement, comme Issy-les-Moulineaux, Saint-Malo, Meylan et Noisy-le-Sec. Selon nos informations, entre un et deux millions d'électeurs français auront recours à ce type de machine lors de l'élection présidentielle.

«La France fait partie des pays les plus mûrs en Europe en matière de machines à voter», confie Denis Muthuon, directeur commercial ES&S pour l'Europe. Il rappelle que ce type d'équipement est déjà utilisé aux États-Unis, Japon, Canada, en Allemagne, aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni.

Sur le même sujet

Sources Znet

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana EVANGELIZT publié dans : Elections risque de truquage
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Samedi 10 février 2007

Eh bien, voilà un texte qui nous fait plaisir car c'est exactement ainsi que nous voyons la chose. Sarkozy va braquer le trône, de gré ou de force, comme fit la clique Bush en 2000 et on sera obligé de se le fader. Et c'est là qu'il va comprendre sa douleur. Lui, qui veut soumettre le Peuple de France à ses alliances, il va voir comment ça fait une Révolution. Et celle-là sera bien pire que 1789. Nous lui en faisons le serment.

La France risque-t-elle de voir les résultats de son élection présidentielle manipulée


Le point de vue d’un étudiant hongrois sur Sarkozy.

Par Miklos Kovacs

Etudiant en sciences politiques, Budapest

 

Origine du texte : Claude Beaulieu, Comité Valmy

N’étant pas Français, mais Hongrois, vous pouvez donc légitimement vous demander a priori, pourquoi cette question "La France risque-t-elle de voir les résultats de son élection présidentielle manipulée ?" m’intéresse-t-elle ?

Et bien en fait, c’est tout simple. Comme l’a fait fort justement remarqué un récent article paru dans Newropeans-Magazine, du fait de l’intégration européenne, chaque élection nationale a un impact direct (via le Conseil européen notamment) sur ses 26 partenaires communautaires. Et puis aussi parce que je vis dans un pays qui est toujours secoué par la découverte de l’ampleur du cynisme et de la manipulation dont nous avons été victimes lors de la dernière élection législative.

Et en plus, la France, ça n’est pas n’importe quel pays en Europe et dans le monde :

2ème pays par la population, l’une des deux puissances nucléaires de l’UE avec siège au Conseil de Sécurité de l’ONU, 2° langue véhiculaire intra-communautaire après l’Anglais, en voie d’ici 10/15 ans de faire jeu égal avec l’Allemand comme 1° langue maternelle en Europe du fait de son dynamisme démographique, pays géographiquement et culturellement charnière entre l’Europe du nord et du Sud, ...

5ème puissance économique mondiale, l’un des très rares pays à oser s’affirmer contre les Etats-Unis ou toute autre grande puissance, au centre d’un vaste réseau culturel transcontinental: la francophonie, ….

Donc, pour toutes ces raisons, je suis concerné, même indirectement, par ce qui va se passer dans ce pays en Avril prochain.

Et je dois dire que je suis inquiet car j’ai l’impression, à la lecture de la presse et suite à de nombreuses discussions récentes avec des Français, qu’il y a un vrai risque de manipulation des résultats électoraux pour cette présidentielle.

Or, en faisant précédemment la liste des éléments qui soulignent l’importance de la France, ce sentiment n’a fait que se renforcer car j’avais l’impression de dresser le tableau des atouts de la cible idéale pour un « hedge fund » politique. Si je fais cette comparaison avec le monde de la finance internationale actuelle, c’est que ceux qui peuvent politiquement avoir intérêt à agir de la sorte sont les « petits frères » de ceux qui le font dans la sphère financière, à savoir les réseaux qui opèrent derrière l’administration Bush.

Ces mêmes réseaux qui sont suspectés dans leur propre pays d’avoir manipulé les résultats électoraux des élections présidentielles de 2000 (en Floride en particulier) et 2004 (en Ohio notamment).

Or, soyons honnête : arriver à placer la France sous contrôle d’un « ami » des puissances dominantes actuellement à Washington ne peut pas ne pas être un rêve de l’immense machine à dominer et corrompre mise en place aux Etats-Unis via les gigantesques budgets destinés aux agences de renseignement (qui opèrent en Europe sans contrôle comme l’illustrent toutes les affaires d’enlèvement par la CIA) et les montagnes de Dollars circulant dans les entreprises liées au pouvoir washingtonien.

Pourtant, vu de l’extérieur, et en suivant cette campagne présidentielle française, on a l’impression que les Français sont inconscients des risques et des enjeux.

Je veux souligner d’abord l’enjeu central d’une France insoumise en rappelant que sans une France pour dire « Non », comme en 2002/2003 avec l’Allemagne, permettant ainsi de donner une vraie voix à l’immense majorité des 500 millions d’Européens contre l’invasion de l’Irak, nous serions tous impliqués totalement dans la déroute américaine au Moyen-Orient, et complices d’actes qui relèveront demain de la justice internationale. Il n’y a pas beaucoup de pays démocratiques dans le monde capables de jouer ce rôle essentiel. Même si les Français sont souvent arrogants, agaçants et insupportables, on ne peut pas leur enlever ce mérite.

Et je veux maintenant éclairer les risques qui pèsent selon moi sur l’élection française :

- des médias qui ne contribuent pas à générer un débat sur ce thème en adoptant une attitude telle que l’évocation de tels risques est immédiatement qualifiée d’anti-américaine. On se croirait revenu dans mon pays à l’époque de l’ex-URSS : toute critique contre l’URSS ou le parti était une attaque contre le marxisme et le peuple ami soviétique. Ou bien à l’époque actuelle aux Etats-Unis, où est accusé d’être un adepte des théories du complot toute personne évoquant le risque que le pouvoir en place tente de corrompre les institutions et la société : comme si les premiers utilisateurs de théories du complot (avec Al Quaida, les armes de destruction massive, etc.. n’étaient pas justement les actuels dirigeants).

- une inconscience citoyenne, comme aux Etats-Unis avant l’élection de 2000, qui laisse chacun penser que les procédures électorales du pays sont parfaites et non manipulables.

- un oubli collectif de ce que l’avidité du pouvoir et la corruption, par ce même pouvoir ou par l’argent, peuvent produire comme effets pervers sur un système politique et administratif, déjà bien affaibli par une décennie d’affaires touchant les plus hauts niveaux de l’Etat. Ceux qui sont prêts à étouffer des affaires judiciaires problématiques pour les puissants d’aujourd’hui sont prêts à manipuler les résultats électoraux au profit des puissants de demain.

- le non respect de principes démocratiques de base comme l’interdiction du cumul de deux rôles nécessairement incompatibles : candidat et organisateur d’élection. Ce qui est pourtant, et d’une manière qui étonne toute l’Europe, le cas avec l’actuel ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy (dont les racines viennent de mon pays), candidat et organisateur de l’élection, contrôleur des résultats, orchestrateur de la sécurité et du déroulement de l’élection, chef des services de renseignement surveillant la campagne électorale.

Parfois, je m’imagine si cette situation était en Hongrie, avec Nicolas Sarkozy dans une telle position, ce que la presse française dirait de la démocratie dans mon petit pays ex-communiste. Je crois qu’ils diraient que nous sommes décidément incapables de sortir des méthodes non démocratiques des régimes précédents.

Et ça n’est pas le tout premier voyage de candidat de Nicolas Sarkozy pour aller voir Tony Blair, l’alter-égo européen de G.W. Bush, comme son admiration déclarée pour la politique de G.W. Bush, qui contrediraient ces analyses.

Mais, on parle ici de la France : la « Grande Nation », la « Patrie des Droits de l’Homme », … alors pas de risques n’est-ce pas ? Eh bien, je ne suis pas d’accord du tout car la France ça a aussi été l’effondrement brutal devant l’Allemagne nazie en 1940, la collaboration du régime pétainiste, etc. . Dans les années 30, si ma connaissance de l’histoire de France n’est pas trop mauvaise, une grande partie des élites politiques et intellectuelles françaises se sont laissées séduire, fasciner, acheter par les modèles totalitaires émergents en Europe. Et ils ont été les complices d’une impréparation complète du pays à l’agression qui s’annonçait, trop heureux de se partager les miettes de pouvoir que leur laisserait le vainqueur.

Serait-on en train de revoir se jouer un tel scénario ? Les élites parisiennes seraient elles en train de trahir à nouveau ? Cette fois-ci au profit du nouveau fascisme à l’américaine incarné par G.W. Bush et ses partenaires ?

Nous aurons bientôt la réponse.

En tout cas, deux autres questions m’intriguent :

- que ferons les Français si au lendemain d’un premier tour très serré avec 4/5 candidats autour des 15% (Le Pen, Sarkozy, Bayrou, Royal, Bové), Sarkozy passe au second tour avec 0,2% d’avance sur le suivant ? Sachant qu’une petite faiblesse du contrôle des votes en Corse, par exemple, permettrait une telle variation. Accepteront-ils passivement, comme les Américains finalement en 2000 et 2004, les résultats de l’élection ? Ou bien agiront-ils, « à la française », en sortant dans les rues pour défendre leur démocratie ?

- que ferait Nicolas Sarkozy s’il ne passait pas le premier tour ? Ferait-il comme Jospin et quitterait-il la tête de l’UMP ? Ou bien ce scénario est-il tellement impensable qu’il ne peut pas, ne doit absolument pas se produire ? Et dans ce cas, n’est-on pas dans la situation que j’ai décrite précédemment ?

Pour conclure, je vais me répéter. Cette élection française m’inquiète. Pour la France, et pour l’Europe. Car si mes craintes s’avèrent justifiées sur les risques d’une manipulation électorale, la France entrera dans une grave période d’instabilité politique. Je ne pense pas en effet que les Français auront la passivité américaine à ce sujet ; il suffit de constater comment ils ont rejeté le projet de Constitution européenne pour savoir qu’ils ont toujours l’esprit rebelle bien vivant. Et tout cela plongera toute l’UE dans une grave crise d’identité, sans parler des relations transatlantiques qui risqueraient d’en sortir dans un état encore pire qu’aujourd’hui.

Objectif-France : Ce texte n'engage que son auteur. Néanmoins nous partageons cette analyse vue de l'extérieure, à l'exception d'un point : Nous avons la conviction qu'il n'existe pas en France de manipulation de bulletins de vote susceptible de modifier les résulats des élections, y compris en Corse.



Sources Gaullisme fr

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